Crimes de guerre au Mali : le malaise de la CPI

La Cour pénale internationale poursuit son enquête sur les crimes de guerre qui ont été perpétrés au nord-Mali durant le conflit. Mais pour le moment aucun suspect n’a été identifié, a annoncé la procureur général, Fatou Bensouda, en visite au Mali.

Les enquêtes de la Cour pénale internationale sur les crimes de guerre perpétrés au Mali n’ont pour le moment pas porté leurs fruits. Elles ont débuté le 16 janvier 2013, après notamment que de nombreuses ONG aient dénoncé des exactions contre les populations suite à la prise du nord en mars 2012 par les groupes armés.

Mais « pour l’heure, aucun suspect n’a été identifié », provoquant un malaise de l’institution face à cette affaire, a annoncé la procureur général, la Gambienne Fatou Bensouda, en visite à Bamako. « L’objet de ma visite est de rendre compte du stade de nos enquêtes ici, au Mali. On a déjà commencé, on n’a encore identifié personne pour les crimes spécifiés », a-t-elle déclaré en français à la télévision publique malienne ORTM captée à Dakar.

« C’est au Mali de traduire les responsables en justice »

La numéro un de la CPI s’exprimait après une rencontre avec le ministre malien de la Justice, Mohamed Ali Bathily. Elle a également rencontré à Bamako le Premier ministre malien, Oumar Tatam Ly, remerciant par la même occasion les autorités maliennes « pour leur coopération avec la CPI. Le gouvernement malien a déféré la situation malienne devant la CPI et, depuis, nous travaillons sur cette situation et nous allons continuer de coopérer ».

Toutefois, derrière ce discours diplomatique lisse, la juridiction internationale estime que c’est au Mali surtout de traduire les responsables de ces crimes présumés en justice. Et les propos de Fatou Bensouda sur la question on été on ne peut plus clairs : « Le Mali a la responsabilité première de juger les crimes commis dans le pays. La CPI est complémentaire du système de justice nationale ».

En attendant, ceux qui auraient commis ces crimes courent toujours dans la nature. Et pour l’heure, ni le Mali ni la CPI n’a les moyens de les traduire en justice.