Côte d’Ivoire : l’élection présidentielle « un peu déplacée »

C’est sans surprise que Robert Mambé, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), a annoncé mercredi que la présidentielle ivoiriennes, initialement prévues le 29 novembre prochain, étaient « un peu déplacées ». Pour l’heure, la date du scrutin n’a pas été fixée. Toutefois, certains observateurs avancent que les élections auront lieu en 2010.

La nouvelle est désormais officielle. Le premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne prévu le 29 novembre a été « un peu déplacé », a déclaré mercredi Robert Mambé, le président de la Commission électorale indépendante (CEI). « Le 29 novembre aurait été l’idéal, mais avec tous les palabres qu’il y a, il serait mieux de déplacer un peu cette date », a-t-il lancé. Après avoir maintenu le secret, Robert Mambé a enfin décidé d’aviser les Ivoiriens sur le « déplacement » de ce scrutin. Une annonce, qui selon Le Patriote, n’est qu’une pure formalité. « Tout le monde le savait, même les nouveaux-nés, ironise le quotidien d’opposition ivoirien, seules trois personnalités faisaient du théâtre : Laurent Gbagbo, président-candidat, Guillaume Soro, maître d’œuvre des accords de Ouagadougou et Robert Beugré Mambé, le président de la CEI ».

Des élections en 2010 ?

La classe politique ivoirienne et la Commission savaient que les vérifications et les recherches complémentaires nécessaires à l’élaboration de la liste électorale provisoire allaient prendre plus de temps que prévu. Et pour cause, la liste remise officiellement à la CEI en version numérique le 6 octobre dernier ne comportait, sur un total de 6,4 millions, que 3,5 millions d’électeurs identifiés dont près de 2 millions avaient été présentés comme litigieux. Pour rassurer l’opinion publique, le président de la CEI a assuré mercredi que la publication de la liste serait prête lundi prochain. En attendant, les Ivoiriens pourront vérifier dès vendredi leur inscription sur « internet, pas sms ou par appel téléphonique ».

Pour l’heure, la date du scrutin n’a toujours pas été fixée. Toutefois, au vu du calendrier annoncé par la Commission, les élections présidentielles ne devraient pas se tenir avant l’année prochaine. Le « un peu déplacé » lancé par Robert Mambé est plus qu’optimiste. Entre l’ affichage des listes électorales prévu la semaine prochaine, les 38 jours de délai pour la phase de contentieux destinés à régler les cas litigieux, les deux ou trois semaines nécessaires à l’édition des cartes d’électeurs, leur distribution et enfin les deux semaines de campagne électorale,… la fourchette février-mars évoquée mardi par le quotidien Soir Infos, parait plus que plausible.

« Un secret de polichinelle »

Pourtant, la Commission refuse de parler de report. « Un secret de polichinelle » qui agace la Coalition des femmes leaders de Côte d’Ivoire. « Il faut que ceux qui gèrent le processus électoral prennent leurs responsabilités et annoncent officiellement aux Ivoiriens que les élections seront reportées », a déclaré Mariam Dao Gabala, la présidente de l’ONG, chargée de faire la promotion des femmes aux postes de décisions ». Même son de cloche, du côté du Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR) dirigé par l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, qui y voit une marque de désinvolture vis-à-vis du peuple ivoirien.

Ces avis sur le report de scrutin ne sont pas partagés par le secrétaire national chargé des élections du Front Populaire Ivoirien (FPI, parti au pouvoir), Sokouri Bohui, qui a indiqué jeudi sur RFI que son parti « comprenait » le report de la date du 29 Novembre. En France aussi, on joue la carte de l’indulgence. « Nous comprenons que ce report soit motivé par des raisons techniques », a expliqué, Bernard Valero, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

En attendant, la tenue des élections en Côte d’ivoire est plus qu’incertaine pour l’année 2009 et devrait être une énième fois reportée à l’année prochaine.

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