Côte d’Ivoire : 3 morts et 41 arrestations lors des dernières manifestations, selon l’opposition

Les dernières manifestations de l’opposition organisées jeudi dernier à l’encontre de la validation, par le Conseil constitutionnel, de la candidature d’Alassane Ouattara pour la prochaine Présidentielle ont été meurtrières. Le Front populaire ivoirien (FPI), tendance Abou Drahamane Sangaré, a estimé, mardi, à trois le nombre de morts et à 65 le nombre de blessés. Des dizaines d’opposants ont été arrêtés.

Le Front populaire ivoirien (FPI) des « Gbagbo ou rien » a publié, ce mardi 15 septembre 2015, un décompte final de « trois personnes tuées, 65 blessées et 41 arrêtées » au terme des manifestations organisées, jeudi dernier, pour s’opposer à la validation par le Conseil constitutionnel de la candidature du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, à l’élection présidentielle.

Lire sur le sujet: Côte d’Ivoire : heurts après la validation de la candidature de Ouattara

« Les responsables locaux du FPI sont traqués dans des régions (notamment à Gagnoa et Bayota, Ouest du pays) par des pro-Ouattara armés de machettes et souvent de fusils, agissant en supplétifs aux forces de l’ordre », ajoute le texte. Tandis que Radio France internationale (RFI) a rapporté, ce mercredi, un bilan de deux personnes décédées, un porte-parole de la Coalition nationale pour le changement (CNC), César Etou, cité par Reuters, fait état de « 21 membres du CNC (…) arrêtés à Abidjan, la capitale commerciale du pays, et huit autres dans les villes de Gagnoa et d’Adzope ».

Ces opposants contestent la légalité de la candidature d’Alassane Ouattara qui ne devrait pas être éligible à cause de la question de sa nationalité qui a été « réglée politiquement et non juridiquement ». En 2000, le Conseil constitutionnel l’avait exclu de la Présidentielle pour des doutes sur la nationalité d’un de ses deux parents. Sa candidature de 2010 n’avait été permise que par un arrangement politique.

L’Union Européenne n’enverra pas d’observateurs

Kouadio Konan Bertin, membre du PDCI par ailleurs candidat dissident pour le scrutin du 25 octobre prochain, a critiqué une répression des manifestations par le pouvoir. « Depuis l’avènement d’Alassane Ouattara, il y a une mise entre parenthèses des expressions démocratiques les plus élémentaires et rien ne semble arrêter les intimidations de toutes sortes, les violations de libertés publiques, les arrestations arbitraires, les emprisonnements d’opposants, les abus de pouvoir. Si les Ivoiriens ont envie de manifester leur mécontentement, qu’ils soient autorisés à le faire et le rôle des pouvoirs publics est d’encadrer ces manifestations », a-t-il déclaré, rapporte RFI.

Lire sur le sujet: Présidentielle en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara dans un fauteuil ?

Cette annonce intervient alors que le chef de l’Etat apparaît sûr de ses forces à près de six semaines de la Présidentielle. Il a annoncé que l’Union Européenne avait décidé de ne pas envoyer d’observateurs pour ces élections. Il s’est félicité de cette nouvelle qui témoigne, selon lui, de la confiance de l’institution dans la transparence du scrutin. « Tout le monde dit déjà qu’elle (l’élection) est démocratique (et) transparente », a-t-il précisé.

Lors de la dernière élection présidentielle, des fraudes multiples dans les deux camps avaient abouti à des résultats flous. Les deux candidats ayant participé au deuxième tour, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, s’étaient alors simultanément proclamés vainqueurs. Une crise électorale de plus de cinq mois avait éclaté causant la mort de plus de 3 000 personnes, selon l’Organisation des Nations Unies. Le pays était alors divisé en deux.