Côte d’Ivoire : heurts après la validation de la candidature de Ouattara

Au lendemain de la validation de la candidature du Président sortant Alassane Ouattara par la Conseil constitutionnel, des rassemblements de mécontentement de jeunes de l’opposition se sont parfois transformés en heurts avant d’être dispersés par la police à Abidjan et dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.

Alors que la candidature du Président sortant, Alassane Ouattara, a été validée de façon attendue par le Conseil constitutionnel, mercredi, certains candidats d’opposition n’en démordent pas et continuent de contester la légalité de cette candidature. Des jeunes partisans de la Coalition nationale pour le changement (CNC) ont organisé des manifestations ciblées, ce jeudi 10 septembre 2015, à Abidjan et dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.

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Des rassemblements de quelques dizaines de jeunes ont bloqué certaines artères de la capitales dans les quartiers de Marcory, de Cocody avant d’être dispersés par les forces de l’ordre. A Yopougon, deux bus de la Société des Transports d’Abidjan (SOTRA) ont été brûlés. Dans l’ouest du pays, notamment à Gagnoa, plusieurs rassemblements ont aussi été organisés ainsi qu’à Bonoua, à l’est, où des affrontements sont intervenus entre manifestants et jeunes se réclamant du parti au pouvoir.

« Valider la candidature de (Alassane) Ouattara est absurde »

Ils réclament une élection « transparente » et critiquent un processus électoral verrouillé par le chef de l’Etat qui contrôle toutes les instances électorales, notamment la Commission électorale indépendante, afin de se faire élire dès le premier tour. Interdit par les autorités, ce mouvement de mécontentement n’avait reçu que le soutien de la fraction du Front populaire ivoirien qui s’oppose à l’actuel président du parti et candidat, Pascal Affi N’Guessan.

Certains candidats de l’opposition ont pourtant, une nouvelle fois, critiqué l’utilisation du code électoral pour valider la candidature d’Alassane Ouattara qui est, pour eux, illégale. « L’utilisation du code électoral pour valider la candidature de (Alassane) Ouattara est absurde », a jugé Kouadio Konan Bertin, un des dissidents du PDCI, sur son compte Facebook. Cette candidature « rompt avec la légalité », a-t-il déclaré.

En 2010, la candidature de l’actuel Président n’avait été autorisée qu’à titre exceptionnel après des négociations politiques dans un contexte de crise. Alors que la Cour constitutionnelle avait invalidé la candidature de Ouattara en 2000 pour des doutes sur la réalité de sa nationalité ivoirienne, avait estimé Essy Amara dans sa requête en annulation de la candidature de l’actuel chef de l’Etat, devant le Conseil constitutionnel.