
Ce jeudi 14 mai 2026 s’est ouvert le premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI). La principale information ayant sanctionné cette première journée est le maintien de Laurent Gbagbo à la tête de la formation politique. Et ce, en dépit des débats de plus en plus fréquents sur sa succession.
Le suspense n’aura finalement pas duré longtemps. Réunis en congrès ordinaire ce jeudi 14 mai 2026 au Palais de la culture de Treichville, les militants du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) ont décidé de reconduire Laurent Gbagbo à la tête du parti. À 80 ans, l’ancien chef de l’État continue donc de tenir les rênes de la formation politique qu’il a fondée après son retour en Côte d’Ivoire en 2021.
La volte-face de Laurent Gbagbo
En se faisant reconduire à la tête de son parti, ce jeudi 14 mai 2026 en ouverture du premier congrès ordinaire, Laurent Gbagbo est allé à contre-sens de ses propres déclarations faites il y a quelques mois. En effet, en octobre dernier, lors d’un entretien accordé au journaliste Alain Foka, l’ancien président avait pourtant laissé entendre qu’il envisageait un retrait progressif de la vie politique active. « Il n’y a pas de retraite en politique, mais je m’interdirai d’occuper des fonctions politiques, à l’intérieur de mon parti comme dans l’État. J’ai assez donné », avait-il déclaré à l’époque.
Sept mois plus tard, ces propos semblent désormais relever d’un lointain passé. L’octogénaire a préféré traduire en actes la première partie de son affirmation, à savoir qu’ « il n’y a pas de retraite en politique ». Face à une base militante toujours attachée à sa figure historique et à un parti traversé par des tensions internes, l’ancien Président a finalement accepté de poursuivre sa mission politique, malgré ses engagements passés.
Un parti fragilisé par des divisions internes
Au sein du PPA-CI, cette reconduction est largement présentée comme une nécessité pour préserver l’unité du parti. Depuis plusieurs mois, la formation politique de gauche traverse une période de fortes turbulences. Les sanctions prises contre certains cadres influents ont mis en lumière des fractures profondes dans l’appareil politique. Parmi eux, Ahoua Don Mello, autrefois considéré comme un proche de Laurent Gbagbo, a notamment forcé le passage pour participer à la présidentielle d’octobre 2025. D’autres voix critiques se sont également élevées contre la gestion du parti et le manque de visibilité sur la succession du leader historique.
Dans ce contexte, plusieurs militants estiment que le retrait de Laurent Gbagbo pourrait ouvrir une crise difficilement contrôlable. Pour eux, l’ancien président reste le seul capable de maintenir la cohésion entre les différentes tendances du parti grâce à son autorité politique, son expérience et son influence auprès de la base militante.
Une figure toujours centrale dans la vie politique ivoirienne
Plus de quinze ans après la crise postélectorale de 2010-2011 suivie, de son transfèrement à la CPI puis son acquittement, Laurent Gbagbo demeure une figure incontournable de la scène politique ivoirienne. Son maintien à la tête du PPA-CI envoie un message clair : il confirme l’emprise politique qu’il conserve sur une large partie de ses militants.
Vendredi 15 mai, l’ancien chef de l’État doit d’ailleurs prendre part à la deuxième journée du congrès du parti, très attendue par ses partisans comme par ses adversairesnotamment pour le message qu’il devrait y délivrer.
Au-delà de la seule question interne au PPA-CI, cette reconduction illustre une réalité persistante de la politique ivoirienne : la difficulté des grands partis à organiser une transition générationnelle claire, dans un paysage encore dominé par les figures historiques.




