Conflit en RDC : énième rencontre des chefs d’Etat des Grands Lacs

Le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a aussi été mis sur la table lors des Assemblées générales de l’Onu, lundi. Les chefs d’Etat des pays voisins ont sommé Kinshasa et les rebelles du M23, en confrontation avec l’armée congolaise dans le Kivu, de conclure leurs négociations au plus vite. Un énième discours qui n’a toujours pas permis de mettre un terme au conflit.

Les chefs d’Etat des Grands Lacs, qui ont débattu concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont exprimé leur impatience lors des Assemblées générales de l’Onu lundi. Ces derniers ont sommé Kinshasa et les rebelles du M23, en confrontation avec l’armée congolaise dans l’est du pays, de conclure au plus vite leurs négociations de Kampala pour le moment au point mort. Ces négociations sont censées mettre fin à la crise qui mine la région du Kivu, depuis une vingtaine d’années.

Les Présidents congolais, Joseph Kabila, rwandais, Paul Kagamé, et ougandais, Yoweri Musevini, qui ont participé à cette rencontre ont également « exhorté les donateurs internationaux à lancer des projets de développement en faveur des femmes et des jeunes, afin de créer des dividendes de paix immédiats sur le terrain ». Les dirigeants ont notamment condamné très fermement « la reprise des hostilités par le M23, notamment les attaques contre les Casques bleus de la Monusco qui appuient l’armée congolaise et les tirs d’obus sur le territoire rwandais ».

A l’issue de cette rencontre, Mary Robinson, l’émissaire de l’ONU pour les Grands Lacs, a admis qu’il « restait beaucoup à faire pour appliquer les engagements de l’accord-cadre, citant parmi eux la promesse de ne pas interférer dans les affaires intérieures des pays voisins ». Toutefois elle a assuré avoir eu « l’impression que les chefs d’Etat présents souhaitent réellement que ces engagements changent la dynamique dans la région, a-t-elle cependant affirmé, soulignant que la population de l’est de la RDC « avait trop souffert pendant trop longtemps », soulignant avoir vu les Présidents congolais et rwandais, Joseph Kabila et Paul Kagame, « se parler très amicalement à la fin de la réunion ». Un signe positif d’après l’émissaire de l’ONU.

Des rencontres sans résultats

Certes. Mais ce n’est pas la première fois que les chefs d’Etat des Grands Lacs donnent l’impression qu’ils veulent vraiment mettre un terme à la crise dans l’est de la RDC. Où la capitale de la province du Kivu, Goma, qui regorge de ressources naturelles, est convoitée par divers groupes armés, notamment le M23, principal ennemi des forces armées congolaises. Après une brève accalmie, les deux camps ont repris les hostilités à la mi-août.

Aucune rencontre des dirigeants de la région visant à résoudre la crise dans l’est de la RDC n’a porté ses fruits. La dernière à Kampala, la capitale ougandaise, qui s’est tenue le 5 septembre, en est la preuve. Ils ont une énième fois sommé les rebelles du M23 de cesser toute activité et de se remettre sur la table des négociations avec le gouvernement de Kinshasa. Pour le moment chacun des deux camps campe sur sa position, attendant que l’autre face le premier pas. L’ONU de son côté maintient toujours ses accusations contre le M23 qu’elle pointe du doigt

Pour le moment, une nouvelle accalmie a été observée au Kivu. Mais on le sait, le calme est de courte durée dans la région, où la moindre étincelle peut rallumer l’incendie entre les belligérants.