Conflit au Mali : Alger presse les deux parties pour signer un accord de paix définitif

La médiation algérienne a rédigé un texte pour un accord de paix au Mali qui a été proposé aux deux parties : le gouvernement malien et la coordination rebelle du nord du pays. Ce texte devrait conclure ces négociations débutées en juillet dernier et qui, pour l’Algérie, n’ont que trop duré.

Au terme de près de huit mois de négociations, la médiation internationale à Alger conduite par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a finalisé un texte pour un accord de paix au Mali qui a été transmis, ce jeudi, au gouvernement malien et à la coordination des mouvements armés du nord du pays. Un accord définitif devrait être trouvé ce week-end, selon la médiation algérienne qui veut clore ce chapitre ouvert en juillet dernier.

Une décentralisation mais pas de fédéralisation

Ayant abandonné leurs revendications d’indépendance depuis l’accord de Ouagadougou, en 2013, les mouvements rebelles défendaient en premier lieu une autonomie du nord du Mali au moyen d’une fédéralisation de cette région. Ce sont finalement des mesures de décentralisation qui ont été décidées, selon le texte, notamment du point de vue des forces de sécurité qui devront constituer des patrouilles mixtes dans le nord. Un corps de police sous l’autorité de régions sera aussi créé, rapporte El Watan.

Le terme Azawad est finalement inscrit dans cet accord final devant être soumis à validation, au grand dame du gouvernement central. « Les régions du Nord, appelées par certains Azawad » : telle est la formulation qui y est inscrite. L’utilisation de ce terme est reconnue officiellement sans son sens politique.

Accord a minima

Le nord devra aussi redistribuer autour de 30% des recettes budgétaires de l’exploitation minière au nord du pays. C’est un accord à minima qui doit être signé dans les prochaines jours. La dimension politique y est repoussée à une date ultérieure. Le texte stipule sobrement qu’un « débat national » devra être organisé.

Les autorités algériennes ont indiqué se donner trois jours pour convaincre les différentes parties de signer ce texte commun.