Négociation de paix: l’utilisation du terme Azawad au cœur d’une polémique

Alors qu’un journal malien annonce la remise en cause par la coordination rebelle du terme Azawad, le porte-parole du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) dément cette information sur sa page Facebook.

Alger abrite depuis mardi la cinquième phase des négociations de paix entre le gouvernement malien et une coordination des rebelles du nord du pays. Un chargé de communication des groupes armés représentés, Mohamed Ousmane Ag Mohamédoune, aurait indiqué à Studio Tamani que l’Azawad, région au nord du pays pourrait changer de nom, un porte-parole de la coalition dément « catégoriquement » l’information. Rumeur ou signe de dissensions au sein de la coalition ?

Une expression qui « ne convient pas » ?

« Nous estimons que l’expression Azawad, utilisée par certains ne suffit pas, ne convient pas dans le contexte actuel », aurait déclaré selon Studio Tamani, un des chargés de communication des groupes armés de la Coordination Mohamed Ousmane Ag Mohamédoune.

Le porte-parole et chargé des relations extérieures du Mouvement arabe de l’Azawad, membre de la coordination des mouvements de l’Azawad, Mohamed El Maouloud Ramadan, a démenti cette information sur sa page Facebook: « Au nom de la coordination des mouvements de l’Azawad je démens catégoriquement l’information. (…) Nous sommes venus défendre le mot Azawad et sa cause et pas de recule même d’un iota », rapporte Maliactu.

Un symbole indépendantiste

Le mot azawad dérive du mot touareg, Azawagh, et signifie « zone de pâturage ». Une frange de la population touarègue utilise ce terme pour signifier leurs revendications indépendantistes sur l’ensemble des trois régions du nord du Mali, celle de Tombouctou, de Gao et de Kidal. Le Mouvement nationale de libération de l’Azawad (MNLA) proclame l’Azawad indépendante en 2012.

L’Azawad est au cœur des revendications des mouvements touaregs depuis la dernière rébellion de 2012. Les touaregs sont minoritaires parmi l’ensemble de la population du nord du pays et cohabite avec d’autres groupes ethniques et linguistiques au sein de la coordination des rebelles présentes à Alger. « Au début des pourparlers de paix d’Alger, notamment lors de l’élaboration de la feuille de route des discussions, le premier point d’achoppement a été la difficulté à donner un terme exact aux régions du nord sans offenser l’une ou l’autre partie. La parade de la médiation était l’expression « les régions du nord du Mali, appelées par certains « Azawad « », réaffirme Mohamed El Maouloud Ramadan.