Comptes bancaires d’Edith Bongo : Monaco ouvre l’enquête

Le président gabonais Omar Bongo est toujours dans le collimateur de Sherpa. La justice de la principauté de Monaco a ordonné, suite à un courrier de cette Ong, l’ouverture d’une enquête sur l’existence de comptes bancaires ouverts à Monaco au nom d’Edith Lucie Bongo. Sherpa pense que la défunte première dame du Gabon aurait servi de « prête-nom » à son époux et à son père, Denis Sassou Nguesso, respectivement chefs d’Etat du Gabon et du Congo.

Omar Bongo Ondimba, le président gabonais, n’est apparemment pas au bout de ses démêlées judiciaires. Après la saisie, suite à une décision de justice, de ses comptes bancaires dans deux banques en France, en février, c’est le parquet de Monaco qui vient d’ordonner l’ouverture d’une enquête sur l’existence de comptes bancaires appartenant à sa défunte épouse. Lucie-Edith Bongo est décédée le 14 mars à Rabat, au Maroc, des suites d’une longue maladie et a été inhumée une semaine plus tard dans son village d’Edu au Congo Brazzaville.

A l’origine de l’enquête diligentée par la justice monégasque, un courrier adressé par Sherpa au prince Albert II et au procureur de Monaco dans lequel l’organisation non gouvernementale leur demandait le gel de tous les comptes bancaires au nom d’Edith Bongo. Dans cette missive, l’Ong signalait l’existence de plusieurs comptes ouverts dans des établissements bancaires de Monaco par feue Edith Bongo. Selon Sherpa, cette dernière « aurait servi de prête-nom auprès de plusieurs établissements bancaires de la principauté pour dissimuler les capitaux tant de son époux que de son père [Denis Sassou Nguesso, chef d’Etat du Congo, Ndrl] ». L’enquête devrait permettre de découvrir la vérité et de chercher d’éventuelles infractions à la loi.

« Nous avons de sérieuses raisons de penser que les avoirs logés sur les comptes ouverts au nom d’Edith Bongo Ondimba, dans des établissements de la principauté, font partie de ce que nous visons sous l’appellation « de biens mal acquis »», indique l’Ong. Celle-ci n’est pas à sa première action contre le président gabonais. En décembre dernier, avec l’association Transparency International France (TI), elle avait, devant la justice française, porté plainte contre Omar Bongo et ses homologues congolais, Denis Sassou Nguesso, et équato-guinéen, Teodoro Obiang. Les deux organisations ont accusé ces chefs d’Etats d’avoir acquis des biens immobiliers dans l’hexagone avec des fonds publics qu’ils ont détournés.

En mars 2007 et en juillet 2008, Sherpa et Tranparency International avaient déjà demandé l’ouverture d’une enquête sur le dossier des « biens mal acquis ». Mais la démarche s’est soldée par un échec. Faute d’éléments nécessaires prouvant « des infractions pénales », le parquet de Paris avait classé l’affaire.

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