Colère au Maroc en mémoire d’Hayat, l’hymne national sifflé sur les stades de football

Hayat Belkacem, une jeune fille de originaire de Tétouan, est morte assassinée par la marine marocaine alors qu’elle tentait d’atteindre l’Espagne à bord d’un hors-bord. Des manifestations de vengeance, avec des actes de vandalismes, ont secoué sa ville natale ce week-end.

Hayat Belkacem, qui en arabe signifie la vie, est devenu le nouveau symbole d’une jeunesse désespérée, qui explose de plus en plus souvent face à l’injustice et au manque de perspectives au Maroc.

Le week-end a été le théâtre de la première grande agitation à Tétouan, des voitures ont été incendiées et de nombreux actes de vandalisme ont été perpétrés pour « venger sa mémoire » peut-on voir sur de nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Les manifestants, en grande partie des supporters de l’équipe de football locale étaient vêtus de noir en solidarité pour protester contre la mort d’Hayat, originaire de la ville, qui devait commencer sa deuxième année de droit à l’Université de Martil. Des milliers de jeunes ont profité du début de la saison de football au Maroc pour transférer leur colère et leur frustration en criant pendant le match et avant lors d’une manifestation spontanées des slogans « Le peuple renonce à la nationalité marocaine ! » ou« nous te vengerons Hayat ».

Les échauffourée ont débuté deux heures avant le match ou des milliers de personnes se sont rassemblés au centre-ville, malgré l’importante présence de la police, pour crier leur colère. Après la dissolution du regroupement par les forces de sécurité, la manifestation s’est réorganisée sur l’avenue menant au stade, les gens portant des photos d’Hayat et poussant des cris de vengeance ainsi que des  » Vive l’Espagne! « .

Pour la première fois sans doute dans l’histoire de la ville, l’hymne national a été hué par la grande majorité des participants, qui disaient qu’il « ne veulent pas être marocain ». Alors que le match était retransmis en direct à la télévision, les cameramen ont tentés de montrer le moins possible les tribunes et les sons afin de ne pas donner d’échos à ces manifestations.

Après le match, les incidents se sont poursuivis toute la nuit, avec des groupes de jeunes dispersés autour de la ville alors qu’ils traversaient des poubelles, des vitrines brisées ou des véhicules endommagés garés.

Comme dans le cas de Mohamed Fikri, le pêcheur Al Hoceima, dont la mort a déclenché la levée d’une forte contestation qui se poursuit dans la région du Rif, la mort de Hayat Belkacem est en passe de devenir un symbole.

Pendant ce temps, les autorités se taisent et on ne sait rien de la situation juridique de ceux qui ont tiré sur le bateau et qui ont ordonné son ouverture.

 

 

 

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