
Il a accompli son rêve en revêtant le maillot orange pour la première fois en 2024. Avec la sélection ivoirienne, il a participé à la CAN 2025 et au mondial 2026 où son pays a franchi pour la première fois de son histoire la phase de poules pour jouer un match à élimination directe en coupe du monde. Christopher Operi s’ouvre à Afrik.com sur son expérience de footballeur, sa présence en sélection et sa vie hors du terrain. Il nous fait découvrir d’autres facettes de lui-même : l’homme attaché à ses valeurs, l’humain prêt à aider les autres à avancer.
Afrik.com : Présentez-vous.
Christopher Operi : Je suis Christopher Operi, 29 ans, je suis footballeur professionnel, en Turquie actuellement à Istanbul, et je suis papa de deux petits princes.
Comment êtes-vous venu au football ?
Christopher Operi : J’ai d’abord commencé par le judo, mais ça ne m’a pas beaucoup animé. Mes parents m’ont ensuite inscrit au foot, à Plaisir (dans le 78) à l’âge de 6 ans, et là ça a d’office matché, naturellement. C’était comme une évidence.
Avez-vous des stars qui vous influencent dans le monde du football ? Qui est votre idole ?
Christopher Operi : Dans le monde du football, je dirais que Cristiano Ronaldo m’a beaucoup inspiré par son éthique de travail et sa discipline. Kobe Bryant aussi (figure américaine du basket) représente également un modèle d’engagement et de rigueur. Je n’ai pas vraiment d’idole mais je compte plusieurs joueurs qui ont vraiment nourri mes ambitions et m’ont fait rêver étant petit, comme Didier Drogba, Thierry Henry, Ronaldinho ou Robinho.
Vous avez été formé en France, mais avez finalement opté pour votre pays de naissance. Peut-on comprendre les motivations de ce choix ?
Christopher Operi : Je comprends le sens de votre question. Je ne présenterai toutefois pas mon parcours comme un choix. La France m’a énormément apporté, elle m’a formé et accompagné dans mon développement sportif, elle occupe effectivement une place importante dans mon histoire. La Côte d’Ivoire, c’est mon pays de naissance, mes origines, elle représente une grande partie de mon identité et une histoire personnelle que j’avais envie de porter sur le terrain. Depuis tout petit, j’ai toujours eu ce rêve de pouvoir porter un jour le maillot de la Côte d’Ivoire.
Quel bilan faites-vous de votre participation à la Coupe du monde sous le maillot orange ?
Christopher Operi : C’est un bilan mitigé. Certes, on a enfin réussi à franchir ce cap des poules pour la première fois de notre histoire, et c’est quelque chose de positif. Il y a toujours des étapes à franchir, dans le football comme dans la vie. Mais à côté de ça il y a forcément beaucoup de déception. Quand on connaît la qualité de notre effectif, le talent qu’il y a dans ce groupe et les ambitions qu’on avait, ça nous laisse forcément sur notre faim. On était déterminés et convaincus qu’on avait les capacités d’aller beaucoup plus loin dans cette compétition.
Mais c’est aussi ça le foot. On ne peut pas changer ce qui s’est passé, mais ça fait grandir tout le monde. La seule chose que l’on peut contrôler aujourd’hui, c’est notre réaction face à ces événements, apprendre, continuer à travailler et avancer.
Quel type de relations avez-vous développé avec votre sélectionneur, Emerse Faé, qui a récemment quitté la tête de la sélection ?
Christopher Operi : J’avais une bonne relation avec le coach Emerse. J’ai apprécié son approche et le travail qu’il a réalisé avec la sélection. C’était également le cas avec l’ensemble du staff, que ce soit Guy, Samir et les autres membres de l’équipe. Ils ont beaucoup apporté sur le terrain et en dehors.
Quelle est l’ambiance générale au sein de l’équipe ? Entre vos coéquipiers et vous ?
Christopher Operi : Il y a une très bonne ambiance au sein de l’équipe, très honnêtement. Chaque fois c’est un honneur de rejoindre la sélection, mais c’est aussi beaucoup de bonheur, parce qu’on sait qu’on va retrouver une bonne ambiance, différente de celle qu’on peut connaître au quotidien dans nos clubs. Le groupe vit très bien ensemble. On rigole, on se chambre, on profite de ces moments… Mais quand on doit se mettre au travail, tout le monde répond présent et s’y met à fond. Il y a un temps pour tout, et je trouve qu’on a justement un bel équilibre entre cette joie de vivre ensemble et l’exigence du haut niveau. C’est une force supplémentaire.
Quels sont vos projets dans le futur immédiat et sur le long terme ?
Christopher Operi : J’ai pas mal de projets et d’ambitions en tête que je dois encore faire mûrir pour m’y projeter pleinement ensuite. Ce qui prime aujourd’hui ce sont les ingrédients que je mets au quotidien pour faire grandir mes idées, mon jardin et les graines que j’y sème chaque jour. Je me concentre sur le travail et les choses que je peux maitriser aujourd’hui pour pouvoir en accomplir d’autres demain. C’est ma vision dans le foot, comme en dehors.
En dehors du foot, vous êtes un fan de mode. Comment conciliez-vous ces deux passions ?
Christopher Operi : C’est vrai qu’on m’a souvent soigné mon apparence, bien m’habiller. Je pense que la mode c’est une manière d’exprimer sa personnalité. C’est important, mais ce n’est pas la seule chose qui me définit. Il y a beaucoup d’autres choses qui me passionnent. J’aime avant tout passer du temps avec mes enfants et ma famille, lire, écrire, me promener dans la nature, voyager et découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles cultures. Je suis quelqu’un d’assez curieux, donc j’aime apprendre, développer de nouvelles compétences, mais j’aime aussi pouvoir partager mes expériences et, si je peux, transmettre quelque chose aux autres, les inspirer ou les aider à avancer. Au final, le football occupe une place très importante dans ma vie, bien sûr, mais je pense que toutes ces passions et toutes ces expériences contribuent aussi à construire la personne que je suis en dehors du terrain.
En termes de communication, vous préférez un style plutôt sobre. Quelle image souhaitez-vous projeter de vous-même auprès du public et de vos fans ?
Christopher Operi : L’image que je souhaite projeter de moi-même n’est autre que celle de la personne que je suis réellement. Au-delà des filtres et de tout ce qui peut être véhiculé par les réseaux ou les médias, je pense qu’il est important de rester authentique et le plus vrai possible. J’essaie simplement de transmettre les valeurs qui m’appartiennent et m’accompagnent au quotidien. Pour moi, le plus important est de rester fidèle à moi-même et de laisser les gens découvrir la personne derrière le footballeur.





