Cheb Khaled « persona non grata » en Algérie, adoré au Maroc

Cheb Khaled (14 nov 21)
Cheb Khaled

Le chanteur algérien Cheb Khaled, qui a marqué les temps avec ses chansons et son rire légendaire, est devenu « persona non grata » dans son propre pays, en raison de son rapprochement « jugé » trop dangereux avec le Maroc, qui n’est pas en odeur de sainteté avec l’Algérie. Certains Algériens demandent même à ce que lui soit retirée sa nationalité, lui, qui dit se sentir toujours Marocain depuis son enfance.

S’il a longtemps fait rayonner la musique raï algérienne dans le monde, le chanteur Cheb Khaled, natif d’Oran, est devenu un personnage controversé, ces derniers temps, aux yeux de ses compatriotes algériens, qui ont du mal à accepter qu’il soit trop proche des autorités marocaines, en conflit diplomatique, depuis des décennies, avec son propre pays. Le musicien se fait critiquer à longueur de journée sur les réseaux sociaux par ses frères algériens, même si de l’autre côté les Marocains continuent de l’aimer et de l’encourager.

L’artiste était d’ailleurs en concert, vendredi 12 novembre, à Riyad, en Arabie Saoudite, et il avait pris le soin de poster l’affichage sur son compte Instagram. Ce qui a fait réagir des internautes. « Les gens vont en Arabie Saoudite, visiter la Kaaba et effectuer le pèlerinage à la Maison de mon Seigneur, pendant que vous allez célébrer une énorme fête de la différence », s’insurge Mohamed Youcef. « Les gens ont tué les enfants de votre pays (Algérie), et vous êtes l’âme de leur chanson et d’Ashthalhm. Honte à toi », critique également Nassima Nassouu. « Enlève le drapeau des martyrs et mets ton drapeau », a demandé Fifi Alba.

« Cheb Khaled au festival de Riyad pour récolter des dons pour l’Algérie pour la pomme de terre », a ironisé Rida Laaboudi, avec des émojis mort de rire. « Reviens au Maroc, reviens notre frère », réclame Mustafa Bouziani. « Cheb Khaled est comme un caméléon, il prend toujours la couleur de l’environnement où il se trouve. Après le Maroc, il va dire aux Saoudiens également qu’il s’est toujours senti Saoudien, depuis son enfance », a déclaré Saad Ibrahima, faisant référence à la dernière sortie de Cheb Khaled, lors de sa récente visite au Maroc.

Né le 29 février 1960 à Oran, en Algérie, le chanteur n’a jamais caché son attachement au royaume du Maroc et au roi Mohammed VI. Dans le Bulletin officiel du 5 septembre 2013, un décret royal de Mohammed VI stipulait : « Est naturalisé, à titre exceptionnel : M. Khaled Hadj Brahim, né le 29 février 1960 à Oran, en Algérie ». A travers ce décret, Cheb Khaled était devenu un citoyen de droit marocain. La tension entre le Maroc et l’Algérie a fini de faire lui, un personnage controversé, aux yeux de ses compatriotes algériens.

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