Centrafrique : ratissage au sud de Bangui

La reprise en main de la capitale centrafricaine par les troupes loyalistes s’est accompagnée de nouveaux combats ce mardi matin dans les rues de Bangui. On ignore toujours qui sont les instigateurs du complot visant à éliminer le président Patassé.

Les forces armées centrafricaines (FACA) ont lancé ce matin une offensive sur les quartiers sud de la capitale, Bangui, où se sont réfugiés les rebelles après leur tentative de putsch de lundi. Le bilan officiel de sept tués parmi la garde présidentielle et de  » beaucoup de morts  » du côté des assaillants du palais, pourrait s’alourdir à la faveur de ces nouveaux combats. Combats au sud de Bangui, mais aussi aux environs du camp militaire de Kassaï d’où étaient déjà parties les sanglantes mutineries de 1996-1997.

Des milliers d’habitants ont fui ces zones, passant sans difficultés majeures les barrages établis par les troupes de la FACA. Selon le porte-parole du président Patassé, Emile Ndouba, des  » dizaines de mutins  » ont été faits prisonniers. La plupart seraient des  » anciens mutins et

officiers rebelles de la FACA « , a-t-il déclaré.

Emetteur de radio détruit

Les affrontements se seraient concentrés en fin de matinée autour de l’émetteur de la radio nationale détruit par les rebelles. D’après les informations recueillies par les agences sur les lieux, de nombreux mutins qui avaient participé aux soulèvements militaires des années 1996/1997 comptent parmi les putschistes. Mais de source officielle, on ne connaît pas le nom des instigateurs du coup de force. Des rumeurs persistantes font état de la présence de mercenaires venus de la RDC voisine.

Soldats et fonctionnaires réclament le paiement de deux ans d’arriérés de salaires non versés par le gouvernement. Est-ce l’unique motif de cette sédition ? Lors de la mutinerie de 1996 qui avait provoqué l’intervention des troupes françaises, les revendications sociales avaient également pris une tournure ethnique et politique. Le sud de Bangui serait également le fief du rival politique du président Patassé, David Dacko.

Le Secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, rejoint par son prédécesseur, Boutros Boutros Ghali, aujourd’hui Secrétaire général de la Francophonie, ont condamné cette tentative de coup d’Etat, qui intervient un an seulement après le départ des hommes de la Mission des Nations-Unies en République Centrafricaine (MINURCA), créée deux ans plus tôt afin de stabiliser le pays.