CAN Féminine 2026 : Le Maroc jette l’éponge pour mars, l’Afrique du Sud sort les griffes !


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CAN feminine Maroc 2026
CAN feminine Maroc 2026

C’est un véritable coup de tonnerre qui vient de frapper le football féminin africain. Alors que les sélections affinaient leurs derniers réglages pour le rendez-vous de mars, la sentence est tombée : la CAN Féminine 2024 (déjà reportée à 2026…) subit un nouveau glissement de calendrier. Initialement prévue pour démarrer le 17 mars prochain au Maroc, la compétition est reprogrammée du 25 juillet au 16 août 2026.

Un report qui ne passe pas inaperçu, d’autant que l’Afrique du Sud s’est immédiatement positionnée pour jouer les pompiers de service. Entre logistique marocaine sous haute tension et opportunisme sud-africain, Afrik fait le point sur ce dossier brûlant.

Le Maroc face à l’impossible équation

Pourquoi ce retrait de dernière minute de la part de l’ogre marocain ? Si la FRMF nous a habitués à une organisation sans faille, le royaume chérifien semble avoir atteint ses limites logistiques quelques semaines après finale houleuse de la CAN masculine.

  • L’ombre du Mondial 2030 : Le Maroc est actuellement un immense chantier à ciel ouvert. Entre la rénovation totale du complexe Moulay Abdellah de Rabat et la mise aux normes FIFA de plusieurs enceintes, le timing était devenu intenable. Accueillir une CAN féminine en plein milieu de travaux lourds aurait entaché l’image de « perfection » que souhaite projeter Rabat.
  • Le contrecoup de la CAN 2025 : Après avoir mobilisé toutes ses forces vives pour la CAN masculine (décembre 2025 – janvier 2026), la fédération de Fouzi Lekjaa a besoin de souffler. Enchaîner deux tournois majeurs en moins de trois mois s’est avéré être un défi trop grand, même pour la puissance marocaine. Et il ne faut pas oublier que le Maroc vient de perdre il y a quelques mois la finale de la dernière CAN féminine.
  • Les chiens errants restent nombreux et à l’instar des manifestations lors de la Coupe du monde des Clubs, le Maroc craint que la compétition ne donne une visibilité accrue à ce problème.

Le bras de fer avec les clubs européens

Il ne faut pas se mentir : organiser une CAN en mars, c’est aussi s’exposer à une guerre ouverte avec les clubs européens. Avec les quarts de finale de la Ligue des Champions féminine à l’horizon, des clubs comme Barcelone, l’OL ou Arsenal voyaient d’un très mauvais œil le départ de leurs stars africaines. En décalant le tournoi à juillet, la CAF s’offre une paix royale avec l’Europe et garantit la présence des meilleures joueuses.

L’Afrique du Sud en mode « Plan B » de luxe

L’annonce du report n’était pas encore sèche que la SAFA (Fédération sud-africaine) dégainait déjà son communiqué. Danny Jordaan et les siens l’ont clamé haut et fort : l’Afrique du Sud est prête à accueillir la compétition sur les dates de juillet/août.

« Nous avons les infrastructures héritées de 2010 et une ferveur inégalée pour les Banyana Banyana. Si le Maroc ne peut pas, nous le ferons ! ». Une déclaration qui sonne comme un défi lancé à Rabat.

Pour les sud-africainese, c’est l’occasion rêvée de récupérer l’organisation d’un tournoi qu’elles estiment leur revenir de droit, après avoir vu le Maroc s’imposer comme le nouveau centre névralgique du foot africain ces dernières années.

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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