CAN 2025 : pourquoi le Mali inquiète autant le Sénégal avant le choc des quarts


Lecture 4 min.
Equipe-Nationale-Football-Mali-Hamari-Traoré
Équipe Nationale de Football du Mal

À l’approche des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, une affiche cristallise l’attention des observateurs ouest-africains : Sénégal–Mali. Vendredi 9 janvier à Tanger, les Lions de la Téranga et les Aigles se disputent une place en demi-finales dans un contexte chargé d’histoire, de respect mutuel et d’une rivalité plus feutrée que tapageuse. Favori sur le papier, le Sénégal sait pourtant que le Mali représente un obstacle redoutable, capable de faire dérailler les pronostics.

A Dakar,

Sénégalais et Maliens partagent beaucoup plus qu’une frontière de plus de 400 kilomètres. Avant leurs indépendances respectives, les deux nations ont appartenu à une même entité politique, laissant derrière elles des liens culturels, linguistiques et humains toujours vivaces. Cette proximité donne à la confrontation une dimension particulière, même si l’atmosphère reste loin des rivalités électriques observées ailleurs sur le continent.

Dans les rues de Dakar, le match est attendu avec un mélange d’optimisme et de prudence. Mamadou, chauffeur de taxi à la Médina, résume l’état d’esprit ambiant : « Le Sénégal est fort, mais le Mali, c’est une équipe qui ne lâche jamais. On les respecte beaucoup, surtout pour leur discipline et leur courage. »

Le Sénégal, favori sous pression

Champion d’Afrique, le Sénégal aborde ce quart de finale avec un statut assumé. Solides en phase de groupes, efficaces offensivement et rigoureux défensivement, les Lions affichent des statistiques impressionnantes. Le retour de Kalidou Koulibaly en défense centrale renforce encore une équipe déjà riche en cadres expérimentés.

Mais tout n’est pas parfait. Les débuts de match parfois timides et un certain manque de réalisme devant le but interrogent. « Contre le Mali, chaque occasion ratée peut coûter cher », avertit Awa, étudiante à l’université Cheikh Anta Diop. « Ils savent souffrir et attendre le bon moment. C’est ça qui me fait peur, même si je reconnais qu’ils jouent un football intelligent », poursuit la jeune femme qui ne cache pas son scepticisme.

Le Mali, l’outsider qui refuse de perdre

Si le Mali n’a pas encore remporté la CAN, son parcours en 2025 force le respect. Les Aigles n’ont concédé aucune défaite depuis le début du tournoi, tenant tête à des adversaires de premier plan malgré des situations souvent défavorables. Leur qualification face à la Tunisie, acquise au terme d’un match âpre et d’une séance de tirs au but, a fait ressortir une force mentale remarquable.

Sous la houlette de Tom Saintfiet, la sélection malienne mise sur l’organisation, l’impact physique et un collectif soudé. Capable de résister à la pression et de faire bloc même en infériorité numérique, le Mali avance sans complexe. « Cette équipe me fait penser à un piège », confie Cheikh, commerçant. « Elle n’impressionne pas toujours, mais elle peut surprendre n’importe qui. On sait qu’ils ont du talent et un mental d’acier », poursuit l’homme, la cinquantaine, bonnet bien serré à la tête.

Derby dans un respect mutuel

Loin des déclarations enflammées, les deux camps affichent une estime réciproque. Côté sénégalais, l’encadrement insiste sur la nécessité de rester concentré et humble. Le Mali, de son côté, assume son rôle d’outsider ambitieux, convaincu que le moment est venu de bousculer la hiérarchie africaine. Cette sobriété se ressent aussi chez les supporters. Sur les réseaux sociaux, l’humour et les références culturelles remplacent les insultes, preuve que ce derby se joue davantage dans le respect que dans l’animosité.

Au-delà de la qualification en demi-finales, ce Sénégal–Mali symbolise l’évolution du football africain, où les écarts se resserrent et où la notion de favori ne garantit plus rien. Une victoire sénégalaise confirmerait la domination actuelle des Lions, tandis qu’un succès malien marquerait un tournant historique pour une nation en quête de son premier sacre continental.

Programme des quarts de finale de la CAN 2025 (heure TU)

9 janvier 2025

  • 16h : Sénégal – Mali (Grand stade de Tanger)
  • 19h : Cameroun – Maroc (Stade Prince Moulay Abdellah, Rabat)

10 janvier 2025

  • 16h : Égypte – Côte d’Ivoire (Grand stade de Marrakech)
  • 19h : Algérie – Nigeria (Grand stade d’Agadir)

Quoi qu’il arrive à Tanger, ce quart de finale promet une bataille tactique intense et un moment fort de la CAN 2025. Et si le Sénégal avance avec confiance, il sait désormais que le Mali, respecté et redouté, ne sera pas un adversaire comme les autres.

Avatar photo
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News