Campagne anti-française en Afrique : l’EFF de Julius Malema s’en mêle

Julius Malema
Julius Malema

En Afrique du Sud, Julius Malema et ses combattants ont profité de la célébration du 59e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) pour apporter leur soutien à la vague anti-française qui secoue le continent africain depuis plusieurs mois. Une suite logique de la guerre menée par la Russie contre la France en Afrique.

Depuis plusieurs mois, on note une montée du sentiment anti-français dans de nombreux pays africains anciennement colonisés par la France. Largement animé par les informaticiens russes, ce mouvement s’appuie sur les travers réels de la Françafrique et n’hésite pas à ajouter quelques fakenews pour exacerber les passions mais aussi à soutenir des manifestations plus ou moins spontanées. Ce fut le cas, il y a quelques semaines en Centrafrique ou des manifestants ont défilé pour soutenir la Russie, et dans la même veine, hier mercredi alors que se célèbre la journée de l’Afrique, c’est au tour des Combattants pour la liberté économique (EFF, en anglais), parti de Julius Malema de se jeter dans le mouvement. Ils étaient des centaines de militants de ce parti à manifester à Pretoria, non loin de l’ambassade de France pour demander que ce pays quitte l’Afrique. «France dehors !», «Richesse de la France sur le dos des Africains !», «La France doit payer des réparations pour ses crimes coloniaux !». Tels sont les principaux messages qu’affichaient les pancartes brandies par les manifestants.

Si on peut comprendre le ressentiment des anciennes colonies françaises, la position du leader sud-africain est plus surprenante, mais il faut aussi la revoir à l’aune du conflit d’influence entre la France et la Russie sur le continent africain. « Il n’y a rien de mal à ce que la Russie empêche l’expansion impérialiste de l’Otan », a déclaré Julius Malema, laissant peu de doute sur sa position dans l’actuel épreuve de force entre l’Occident et la Russie. Comme au Mali, le conflit ukrainien vient donc s’inviter en Afrique.

Les Combattants n’ont pas été tendres vis-à-vis de la France. «Le colonialisme français sur le continent africain continue d’être la forme de colonialisme la plus brutale, la plus cruelle et la plus diabolique du continent africain», a lancé Julius Malema. Puis il enchaîne : «Nous, en tant que génération de combattants de la liberté, rejetons et condamnons le fait que des décennies après la déclaration de la soi-disant indépendance des anciens territoires colonisés, les colonisateurs continuent à entretenir une relation coloniale et néocoloniale avec les pays africains censés être exempts de contrôle colonial».

«C’est la journée de l’Afrique, on sait que l’Afrique a été colonisée, il n’y a qu’un seul pays sur le continent qui n’a pas été colonisé et c’est l’Éthiopie. La France a encore ses sales petits doigts profondément enfoncés dans ses anciennes colonies françaises. Les pays africains ne peuvent pas respirer», soutient, pour sa part, Leigh-Ann Mathys, une des responsables du parti rapporte l’AFP.

Les manifestants ont réussi à transmettre à l’ambassadeur, Aurélien Lechevallier, qui a fait une brève apparition, leur mémorandum. Au cours de son apparition, le diplomate français a tenu à indiquer que la France reste «l’amie des nations africaines». Dans un communiqué publié plus tard, l’ambassade a insisté sur le fait que «la France est un partenaire solide de l’Afrique du Sud» et qu’elle fait du respect de l’intégrité, de la souveraineté et de l’indépendance de toutes les nations africaines, la règle d’or dans sa coopération avec les pays du continent.