
Malgré un parc hydroélectrique parmi les plus fournis de la sous-région, le Cameroun continue de faire face à des difficultés récurrentes dans la fourniture et la gestion de l’électricité. Coupures fréquentes, pertes financières et pratiques frauduleuses fragilisent un secteur pourtant stratégique pour l’économie nationale. Dans l’ombre du réseau officiel, des branchements clandestins prospèrent, alimentés par la complaisance présumée de certains acteurs et par l’accumulation d’impayés, notamment au sein des administrations et de grands consommateurs.
Le Cameroun dispose de neuf barrages hydroélectriques (centrale d’Edéa, de Song Loulou, de Lagdo, de Mékin, de Lom-Pangar, de Mavé, de Nachtigal, de Chollet, de Menve’ele). Avec ce fort potentiel en barrages hydroélectriques, le pays ne devrait connaître aucun problème d’électricité. Alors, profitant peut-être des mauvais payeurs d’électricité que sont les administrations publiques, les collectivités territoriales décentralisées et les gros consommateurs comme l’Alucam (Compagnie camerounaise Aluminium), les faux agents d’Eneo (société en charge de la distribution de l’énergie électrique au Cameroun), ont opté pour les branchements illégaux, connus sous l’appellation de ‟Song Loulou‟ (l’un des barrages du pays). Leurs clients ne reçoivent jamais des quittances d’Eneo, car, ils ont des taux forfaitaires à payer à chaque fin du mois.
Ce réseau fonctionne-t-il sans la complicité des vrais agents d’Eneo ?
« N’est-il pas connu de tous que le poisson commence toujours à pourrir par la tête ? Pendant que les démunis comme nous, nous efforçons à régler nos factures souvent très élevées, malgré des coupures intempestives, suivies des dégâts de tous genres, les membres du gouvernement et autres, de leur côté, non seulement ils laissent tous les appareils branchés et les bureaux éclaires même en leur absence, accumulent des impayés, affectant ainsi la trésorerie d’Eneo, qui a tant de charges. Comment une entreprise comme celle-là peut-elle prospérer ? », déclare l’entrepreneur Joseph G..
« Constat bien mené, dans beaucoup de quartiers, surtout populeux des grandes villes, il y a toujours quelqu’un qui peut être un ancien agent d’Eneo ou quelqu’un ayant appris l’électricité, bien équipé (grimpette, gants de protection, casque, tensiomètre, les pinces et tournevis de toutes sortes), qui traite soit avec certains responsables ou vrais agents d’Eneo. Chaque fois que les vrais agents d’Eneo arrivent dans la localité, ils sont reçus par leurs complices. Ce qui fâche encore plus est que, non seulement ils brûlent le carburant de l’entreprise, mais prennent également de l’argent destiné à leurs propres salaires, à l’amélioration de leurs conditions de travail. Et comme si cela ne suffisait pas, d’autres vrais agents alimentent leurs maisons et des voisins sans compteur, car, ils piquent directement au poteau. Finalement, à qui fait-on du mal ? », indique le menuisier Roger K. .
« Je ne dessine pas le diable au mur. Mais tel que je vois le fonctionnement des sociétés d’État, où la majorité des fonctionnaires entrent dans les avions de Camair-Co, utilisent l’eau et électricité sans payer, ces entreprises, même si les responsables sont de fins gestionnaires, ne peuvent que connaître des trous de trésorerie, entraînant des arriérés de salaires, l’incapacité d’entretenir le matériel roulant et autres. Bref, de respecter leurs feuilles de route », déclare le commerçant Simon Dieudonné L..
Pour la coiffeuse Cécile H., (ces branchements illégaux ne vont pas sans causer des incendies dans les marchés, les quartiers populeux, ….Il m’intéresserait de savoir si ce problème, qui a tant duré, sera résolu, avec la récente reprise de cette entreprise par l’État. Qui vivra, verra ! ».





