Cameroun : l’armée sous la pression de Boko Haram

L’armée camerounaise a réussi à reprendre un camp militaire dont s’était emparé Boko Haram, ce dimanche, au prix de violents affrontements et du déclenchement de frappes aériennes. 41 morts du côté de la secte islamiste.

Les combats ont été d’une rare violence ce week-end entre l’armée camerounaise qui a déclenché, pour la première fois, des frappes aériennes et Boko Haram. Près de 41 membres de la secte islamiste auraient été tués. Les rebelles ont été délogés d’un camp militaire camerounais, près de quatre heures après s’en être emparé, ce dimanche.

Cinq assauts simultanés

Le symbole était lourd. Le drapeau de Boko Haram a flotté sur un camp militaire de l’armée camerounaise pendant quatre heures ce week-end. La réaction des militaires a été implacable face aux cinq assauts lancés simultanément par ces rebelles extrémistes qui se réclament de l’Islam, faisant preuve d’une capacité d’organisation surprenante.

« Des unités du groupe Boko Haram ont attaqué Makari, Amchide, Limani et Achigachia dans le cadre d’un changement de stratégie consistant à occuper les forces camerounaises sur différents fronts, ce qui les rend plus vulnérables du fait de la mobilité et du caractère imprévisible de leurs attaques», a indiqué dimanche soir le ministre camerounais de l’Information, Issa Tchiroma, rapporte Le Journal de Montréal.

Frappes aériennes

L’armée camerounaise a décidé d’utiliser des chasseurs bombardiers pour viser le camp militaire temporairement occupé. « Je pense que l’aviation est extrêmement importante pour nous permettre de gagner non seulement en mobilité, mais également en flexibilité. On avait quelques appréhensions à utiliser l’arme aérienne à cause des pertes collatérales. Mais à partir du moment où l’ennemi est identifié sur un plan géographique, je pense qu’on va utiliser l’arme aérienne. C’est effectivement une montée en puissance dans nos moyens. C’est la preuve qu’on peut répondre à n’importe quelle gradation du conflit », a indiqué le porte-parole de l’armée camerounaise, le colonel Badjek, peut-on lire sur RFI.

Les membres de Boko Haram ont pu s’emparer de nombreux équipements militaires dans leur fuite.