Burkina Faso : mutinerie chez les CRS

Les policiers des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) ont rejoint ce mercredi le mouvement de protestation qui secoue le Burkina Faso depuis le 22 février dernier. L’opposition manifestera ce samedi à Ouagadougou, la capitale burkinabè.

La mutinerie a gagné les rangs des CRS (Compagnies républicaines de sécurité) au Burkina Faso. La révolte a commencé mercredi soir, vers 22h (GMT, heure locale), au début du couvre-feu dans une caserne des compagnies républicaines de sécurité (CRS) du quartier de Dassasgho, dans l’est de la capitale Ouagadougou. Les policiers ont commencé à tirer en l’air dans la caserne avant de sortir dans les rues du quartier tout en continuant à faire usage de leurs armes. La mutinerie a repris jeudi matin aux alentours du commissariat central de Ouagadougou et s’est étendue à d’autres grandes villes du pays comme Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma, Dédougou, Manga et Pô. Les policiers de ces villes ont également tiré en l’air.

Tous contre Compaoré

Plusieurs mutineries de militaires et notamment de soldats de la garde présidentielles ont eu lieu au Burkina-Faso depuis le début du mois d’avril. La protestation militaire s’était apaisée après que le chef de l’État burkinabè Blaise Compaoré a limogé les chefs d’état-majors des armées. Il a également dissous le gouvernement du Premier ministre Tertius Zongo. Luc Adolphe Tiao lui a succédé. Ce dernier a formé un gouvernement composé essentiellement de proches et de fidèles du chef de l’Etat qui s’est lui-même attribué le ministère de la Défense.

Le Burkina Faso est en proie à une forte contestation sociale depuis le mois de mars. Les manifestations d’étudiants et de commerçants se succèdent. De violentes manifestations se sont également déroulées ce mercredi à Koudougou, à l’Ouest de la capitale burkinabè. Plusieurs centaines de commerçants et d’étudiants ont incendié le domicile du maire de la ville ainsi que le siège de la police municipale. Ces actes de vandalisme ont été perpétrés en réponse à la fermeture d’une quarantaine de boutiques par les autorités municipales, en raison du non-payement d’arriérés de la taxe locale commerciale. L’opposition burkinabè a appelé ce samedi à une manifestation contre le régime Compaoré.