Burkina Faso : le colonel Zida refuse d’être contraint par l’UA

Le lieutenant-colonel Zida, à la tête du Burkina Faso, depuis la démission de l’ex-président Blaise Campaoré, a déclaré jeudi qu’il ne prenait pas en compte l’ultimatum annoncé par l’Union africaine.

Le colonel Zida a indiqué jeudi qu’il ne se sentait pas contraint par l’ultimatum de l’Union africaine qui menaçait le régime militaire de sanctions lundi dernier si le pouvoir n’était pas rendu aux civils dans les 15 jours. « Le délai qu’on nous a imposé (…) ce n’est pas véritablement une préoccupation pour nous », a-t-il déclaré à l’occasion d’une conférence de presse à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. « L’UA peut dire dans trois jours, ça n’engage que l’Union africaine », a poursuivi l’ancien numéro deux de la garde présidentielle, rapporte aouaga.com.

« Nous n’allons pas attendre l’UA »

Il n’a toutefois pas exclu de rendre le pouvoir plus tôt : « Si demain nous avons une personnalité consensuelle » pour diriger la transition, « nous n’allons pas attendre l’UA » pour redonner le pouvoir aux civils. « L’important, c’est de parvenir à un consensus pour aller au bout d’une année sans problème et faire des élections dont les résultats seront acceptés par tous », a précisé celui qui a été désigné par l’armée le 1er novembre pour prendre le tête du Burkina Faso.

« Nous n’avons pas peur des sanctions. Nous prêtons davantage attention à la stabilité et à la paix pour les habitants du Burkina. Les sanctions ne sont pas vraiment notre souci en ce moment », a expliqué le lieutenant-colonel Zida, remonté contre l’institution panafricaine dont il conteste la légitimité de son intervention dans le règlement de la crise burkinabè. Mardi, il s’était engagé à « remettre le pouvoir aux civils », dans délai de « 15 jours », selon un responsable syndical.

Former un gouvernement de transition

Un accord a été trouvé mercredi entre l’armée, l’opposition, la société civile, ainsi que les chefs traditionnels et religieux, sous l’égide d’une médiation ouest-africaine, pour former « un gouvernement de transition pour une période d’un an » et organiser des « élections présidentielle et législatives d’ici novembre 2015 ». Les négociations butent toujours sur la personnalité qui dirigera cette transition. Les mêmes acteurs travaillent actuellement à l’écriture d’une « charte de la transition » qui définira « les différents organes de la transition et les qualités de la personnalité qui sera choisie pour la diriger », a indiqué le président du parti Le Faso Autrement, Ablassé Ouédraogo.