
Entre janvier et juin, le Burkina Faso a dégagé un excédent commercial de 2 320,4 milliards de FCFA, porté par une envolée des exportations tandis que les importations progressaient beaucoup plus modérément.
La balance commerciale du Burkina Faso est entrée dans une phase euphorique. Selon les données de la Direction générale de l’économie et de la planification, les exportations de biens ont atteint 4 643,7 milliards de FCFA, soit une hausse de 60,4 % sur un an. Dans le même temps, les importations se sont établies à 2 323,3 milliards, en progression de 10,6 %. Le contraste est spectaculaire. En six mois, le Burkina a donc vendu à l’extérieur pour deux fois plus de biens qu’il n’en a achetés.
L’or, grand gagnant des exportations
Le moteur de cette performance se trouve être l’or. Les exportations d’or brut ont généré une progression de 1 790,8 milliards de FCFA, soit une hausse de 70,6 % en un an. À lui seul, le secteur minier représente désormais 93,3 % des exportations burkinabè, soit 5,6 points de plus qu’un an auparavant. Ce poids de l’or dans le commerce extérieur burkinabè n’est pas chose nouvelle. Les statistiques officielles montrent depuis plusieurs années que le métal jaune domine largement les exportations du pays. Au troisième trimestre 2025, l’or non monétaire représentait déjà 93,4 % de la valeur des exportations, selon la Note trimestrielle de conjoncture de l’INSD. La performance de 2026 marque toutefois un changement d’échelle. Puisque la hausse des recettes minières suffit à faire basculer très largement la balance commerciale dans le vert.
Le coton apporte lui aussi sa contribution, avec une progression estimée à 47 milliards de FCFA des recettes d’exportation. Mais face au poids croissant des produits miniers, la filière cotonnière apparaît désormais davantage comme un complément que comme le moteur principal des ventes extérieures.
Une bonne nouvelle qui cache une certaine fragilité
Un excédent commercial de plus de 2 300 milliards de FCFA constitue évidemment un signal favorable. Il signifie que le Burkina génère davantage de recettes grâce à ses exportations et peut, en principe, renforcer sa position extérieure. Mais, à y regarder de très près, dans l’absolu, tout n’est pas positif dans cette embellie.
En effet, lorsque 93,3 % des exportations reposent sur les produits miniers, l’économie devient fortement dépendante d’un nombre limité de produits et de l’évolution des cours internationaux. Une baisse importante du prix de l’or ou une diminution de la production pourrait rapidement réduire l’ampleur de l’excédent.
Le contraste avec la structure des importations est également instructif. Le pays continue d’importer massivement des produits énergétiques, des équipements, des biens alimentaires et des intrants nécessaires à son activité économique. Les statistiques de l’INSD montrent d’ailleurs que les produits minéraux occupent une place importante parmi les importations burkinabè.
Transformer l’excédent en puissance économique
Au vu de ce qui précède, il appert que le Burkina Faso n’a pas intérêt à dormir sur ses lauriers. Bien au contraire ! L’excédent commercial est un avantage certain. Cela ne fait aucun doute. Mais, il ne deviendra un levier durable que s’il permet de financer davantage d’investissements productifs, de renforcer les capacités industrielles et de soutenir la transformation locale des matières premières.
Dans tous les cas, le Burkina Faso dispose désormais d’une marge de manœuvre intéressante pour développer ses échanges. Un accord-cadre d’un milliard de dollars conclu en juin 2026 avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC, en anglais), Bakou (Azerbaïdjan), en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement, doit notamment soutenir le financement du commerce entre 2026 et 2030, avec des priorités allant de l’énergie aux intrants agricoles, en passant par les produits alimentaires et pharmaceutiques. Les conditions semblent réunies pour que le Burkina Faso transforme cet excédent en puissance économique.





