Burkina Faso : Deux journalistes reconnus coupables de diffamation dans l’affaire Compaoré


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Le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, siégeant le 22 janvier, a reconnu les journalistes Germain Bittiou Nama et Newton Ahmed Barry coupables de diffamation. Un fait qui leur était reproché par François Compaoré, le frère cadet du Chef de l’Etat burkinabé.

Germain Bittiou Nama (Directeur de publication) et Newton Ahmed Barry (Rédacteur en Chef) du bimensuel L’Evénement ont été ainsi condamnés à deux mois de prison avec sursis, au paiement de 300 000 F CFA d’amende chacun et d’1 franc symbolique à titre de dommages et intérêts au plaignant. En outre, ils devront publier le dispositif du jugement dans trois quotidiens de la place, Sidwaya, l’Observateur Paalga et le Pays.

C’est pour répondre de l’accusation de diffamation par voie de presse à l’encontre de François Compaoré, que les deux journalistes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Ouagadougou. L’audience fixée une première fois le 08 janvier dernier avait été reportée au 22 janvier.

Le contentieux provient d’un article sur la mort de Norbert Zongo, publié par le journal dans son édition du 25 octobre 2006, où il est clairement mentionné à la Une du journal (avec une photo de François Compaoré) en rapport avec l’assassinat de Norbert Zongo : « ainsi c’est donc lui ».

Les journalistes s’étaient basés sur la procédure engagée par RSF

François Compaoré s’estimait diffamé par Germain Bittiou Nama et Newton Ahmed Barry dans ces articles dont la substance tendait à faire croire qu’il était le « commanditaire » du meurtre du journaliste Norbert Zongo. Cela au motif que celui-ci enquêtait sur la mort de son chauffeur David Ouédraogo.

Les articles du journal tirent leur substance de la procédure engagée par Reporters sans frontières (RSF) pour obtenir la réouverture du dossier Norbert Zongo qui est consigné au greffe du tribunal de grande instance de Ouagadougou depuis la fameuse ordonnance de non-lieu prise par le juge d’instruction Wenceslas Ilboudo en faveur de l’adjudant chef Marcel Kafando, l’unique inculpé dans cette affaire.

Cette requête de RSF se voulait accablante pour le frère du président Compaoré. Et l’Evénement d’écrire :  » Jusqu’à présent, on pensait à lui sans le nommer. RSF vient de franchir le pas… « .

C’est donc en se fondant sur le contenu de la requête de RSF que le journal a pu avoir un tel titre, selon les Avocats du bimensuel, Mes Bénéwendé Sankara, Prosper Farama et Julien Lalogo. Ils ont d’ailleurs promis de faire appel.

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