Bryan Habana, le rugby à grande vitesse


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Bryan Habana

L’ailier sud-africain Bryan Habana pourrait donner du punch à la finale de la Coupe du monde de rugby, samedi, à Paris, entre les Springboks et l’Angleterre, deux équipes qui ne sont pas réputées pour leur jeu flamboyant. Il pourrait également battre le record d’essais inscrits dans un Mondial, détenu par le Néo-zélandais Jonah Lomu.

Il s’appelle Bryan Habana, il est sud-africain et pourrait devenir LE joueur de la Coupe du monde de rugby qui se déroule actuellement en France, LE visage qui manque à cette compétition depuis la sortie prématurée de la mascotte française, Sébastien Chabal, samedi dernier, battu sans gloire avec la France par une équipe d’Angleterre en reconstruction. Dimanche dernier, face à des Argentins bien maladroits, Habana a inscrit deux essais en contre, égalant le record établi dans un Mondial par la star du rugby moderne, le Néo-Zélandais Jonah Lomu, avec huit essais.

Le ¾ aile a d’abord fait admirer sa technique à la 32e minute, en lobant deux adversaires le long de la ligne de touche avant de les enrhumer à l’accélération. Le X-Men, dans sa tunique moulante verte et jaune, a conclu sa course par un plongeon magistral. On le jurerait, il a volé un court instant !

À la fin de la rencontre (75e minute), il a profité du surnombre de sa défense pour intercepter un ballon qu’il a coincé sous ses bras hypertrophiés de sprinter bodybuildé avant d’entamer une course vers les poteaux argentins. Même plongeon de toute beauté, aussi superflu que le précédant, sa marque de fabrique. Habana sera-t-il capable de rééditer l’exploit face à l’Angleterre, ce samedi, en finale de la Coupe du Monde, et de battre le record de Lomu ?

Les Boks en vacances ?

On avait parlé de la villégiature des All-Blacks, qui s’étaient baladés en match de poule, avant de renontrer la France en quarts de finale pour la première réelle opposition. Le problème est que les Springboks sont toujours en vacances. Ils n’ont affronté depuis le début de la compétition que des équipes de niveau modeste sans être réellement inquiétés. Ils se sont bien amusés à se faire peur, face aux Tonga, lors de leur troisième match de poule, lorsque l’entraîneur Jake White a fait évoluer une équipe de remplaçants. Mais lorsque les Tongiens sont passés devant au score, à l’entame de la seconde mi-temps, il a fait entrer quelques titulaires qui ont fini le travail sans sourciller. Seul enseignement de la petite frayeur : le banc sud-africain ne semble pas à la hauteur.

Lors de la seconde période du quart de finale, les Springboks ont de nouveau laissé revenir au score une belle équipe fidjienne, joueuse et volontaire, sur deux essais de guerriers. Mais ils sont calmement revenus à leurs fondamentaux, laissant leur adversaire commettre des fautes… et l’ont finalement largement emporté 37 à 20. Le plus drôle est qu’ils rencontrent en finale une équipe d’Angleterre que personne n’attendait à ce niveau de la compétition. Le match ne devrait rien à voir avec celui que les deux équipes ont joué en poule (36 à 0 pour les Sud-africains). Mais si le XV de la Rose ne se montre pas à la hauteur ce samedi, l’équipe d’Afrique du Sud pourrait devenir malgré elle la championne du monde la moins glorieuse de l’histoire du rugby.

Un Bryan Habana en forme pourrait arrondir les angles. L’aillier des Blue Bulls de Pretoria (top 14 d’Afrique du sud) pourrait même s’assurer le trophée du meilleur joueur de l’année, décerné le 21 octobre prochain, à Paris, par l’IRB (International rugby board). Il est en compétition avec le français Yannick Jauzion, les argentins Felipe Contepomi et Juan Martin Hernandez et les néo-zélandais Richie McCaw.

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