Brigitte Bardot est morte : retour sur ses liens contrastés avec l’Afrique


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Brigitte Bardot
Brigitte Bardot

La Fondation Brigitte Bardot a annoncé ce dimanche 28 décembre 2025 le décès de sa fondatrice à l’âge de 91 ans. Icône du cinéma français devenue militante infatigable de la cause animale, l’ancienne actrice entretenait avec le continent africain une relation ambivalente, entre engagement sincère pour la protection de la faune sauvage et déclarations controversées.

« La Fondation Brigitte Bardot annonce avec une immense tristesse le décès de sa fondatrice et présidente, Madame Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, qui a choisi d’abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux et à sa Fondation », indique le communiqué transmis à l’AFP.

Hospitalisée à plusieurs reprises ces derniers mois, notamment en septembre puis fin novembre 2025, celle qui avait révolutionné le cinéma français avec « Et Dieu… créa la femme » de Roger Vadim en 1956 avait tiré un trait sur sa carrière il y a plus de cinquante ans pour se consacrer entièrement à la protection animale. Un combat qui l’a menée bien au-delà des frontières françaises, jusqu’au continent africain.

Un engagement constant pour la faune africaine

La Fondation Brigitte Bardot, créée en 1986, a mené depuis des décennies des actions concrètes en Afrique, contribuant notamment aux campagnes ayant abouti à l’interdiction du commerce international de l’ivoire.

En 2016, Bardot avait adressé une lettre ouverte aux chefs d’État africains lors de la COP 17 de la CITES à Johannesburg : « Vous ne pouvez pas rester sans réagir devant le génocide animalier qui décime les éléphants victimes du trafic de l’ivoire. Face aux braconniers équipés d’armes de guerre, seule l’armée peut agir avec force. » Elle y réclamait « l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO des éléphants, rhinocéros et gorilles ».

En 2021, elle avait vivement critiqué le Botswana pour la réouverture de la chasse à l’éléphant, qualifiant cette décision de « honte de monnayer la vie des derniers géants des savanes » dans une lettre ouverte au président Mokgweetsi Masisi.

Des actions sur le terrain

La Fondation finance des projets dans plusieurs pays africains : sauvetage et réintroduction d’éléphants orphelins en Zambie, réhabilitation des bonobos au sanctuaire Lola ya Bonobo en RDC, protection des chimpanzés au Cameroun, préservation des primates au Bénin, ou encore campagnes de stérilisation d’animaux errants en Tunisie.

Les controverses et condamnations

Parallèlement à cet engagement animalier, Brigitte Bardot a été condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale et injures publiques, des déclarations qu’elle justifiait systématiquement par son combat pour la cause animale.

En 2019, elle avait qualifié les habitants de La Réunion d’« autochtones ayant gardé leurs gènes de sauvages », une « population dégénérée encore imprégnée des traditions barbares ». Ces propos lui avaient valu une condamnation à 20 000 euros d’amende en 2021.

Ses prises de position sur l’immigration, l’islam et l’abattage rituel des animaux lui avaient déjà valu des condamnations en 1997, 2000, 2004 et 2008.

Un héritage contrasté

Le documentaire « Bardot », sorti début décembre 2025 et présenté en avant-première au Festival de Cannes, revenait sur cette dualité. L’ancienne actrice y présentait des excuses pour certaines de ses « impulsions », reconnaissant son « tempérament fougueux » tout en affirmant que sa colère visait avant tout la maltraitance animale. « La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange », proclamait-elle en exergue de son dernier livre, « Mon BBcédaire », publié en octobre 2025.

Pour le continent africain, Brigitte Bardot restera une figure ambivalente : une militante ayant contribué à la protection des éléphants et des grands singes, mais dont certains propos ont emprunté à un registre jugé colonial et raciste par ses détracteurs.

Zainab Musa
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Zainab Musa est une journaliste collaborant avec afrik.com, spécialisée dans l'actualité politique, économique et sociale du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest. À travers ses enquêtes approfondies et ses analyses percutantes, elle met en lumière des sujets sensibles tels que la corruption, les tensions géopolitiques, les enjeux environnementaux et les défis de la transition énergétique. Ses articles traitent également des évolutions sociétales et culturelles, notamment à travers des reportages sur les figures influentes du Maroc et de l’Algérie. Son approche rigoureuse et son regard critique font d’elle une voix incontournable du journalisme africain francophone.
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