Boycott des ports marocains : l’Algérie maintient la pression sur Mohammed VI


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Un porte-conteneurs en mer
Un porte-conteneurs en mer

Le 31 octobre 2023 a marqué un tournant dans les relations algéro-marocaines avec la décision de l’Algérie de boycotter les ports marocains pour le transit de ses marchandises. Cette mesure, résultant de tensions diplomatiques, soulève des questions économiques, logistiques et politiques, affectant les deux nations.

L’Algérie explique le boycott des ports marocains principalement par des préoccupations de sécurité, accusant le Maroc de soutenir des mouvements séparatistes en Algérie, ce qui renforce les tensions bilatérales. Toutefois, ce boycott est également motivé par des enjeux diplomatiques et économiques, notamment le conflit du Sahara occidental, la concurrence des infrastructures portuaires et une volonté algérienne d’affirmer sa souveraineté. Cette situation complexe reflète des stratégies géopolitiques et économiques visant à protéger les intérêts nationaux.

La réorientation des flux commerciaux vers les ports européens, notamment espagnols, implique pour l’Algérie une augmentation des coûts de transport et de logistique. Cette situation peut provoquer un allongement des durées de transports de marchandises, mais elle permet aussi à l’Algérie de renforcer ses liens avec l’Espagne.

Chaque semaine complique la situation marocaine

Le boycott par l’Algérie des ports marocains touche une large gamme de marchandises à l’exception des produits alimentaires et périssables. Il s’étend des matières premières comme les hydrocarbures, les minéraux et les produits chimiques, aux biens intermédiaires incluant les composants électroniques, les textiles et les produits métallurgiques, ainsi qu’aux biens de consommation courante, y compris les produits alimentaires transformés, les appareils électroménagers et les véhicules.

Par contre, la situation est plus compliquée pour le Maroc. Le royaume chérifien fait face à une réduction notable de ses revenus portuaires, notamment pour le port de Tanger Med, et à une érosion de son image de hub logistique. Si la situation devait se prolonger, cela affecterait fortement l’attractivité portuaire du pays auprès des investisseurs internationaux.

Diplomatie et perspectives de résolution

La crise a suscité l’intervention de l’Union africaine et de la Ligue arabe, toutes deux appelant à une désescalade et à la reprise du dialogue entre les deux pays, soulignant l’importance d’une approche pacifique pour résoudre le différend.

L’annonce par l’Algérie de la levée du boycott sur les produits alimentaires marque un premier pas vers une potentielle détente. Néanmoins, le maintien du boycott sur les autres marchandises continue de maintenir la pression sur Mohammed VI.

La situation actuelle reflète la complexité des enjeux économiques, logistiques et diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc. La résolution de cette crise nécessite un dialogue constructif. La France qui, à la demande d’Emmanuel Macron, tente actuellement un rapprochement avec le Maroc, ne souhaite pas s’impliquer dans ce dossier.

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