Blé au Maghreb : une campagne 2026/27 historique attendue au Maroc, en Algérie et en Tunisie


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La campagne céréalière 2026/27 s’annonce exceptionnelle au Maghreb. Selon les données du Département américain de l’Agriculture (USDA), relayées par le think tank TEMA, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie devraient produire collectivement 12,9 millions de tonnes métriques de blé, soit une hausse de 61 % par rapport à l’année précédente. L’Algérie se dirige vers un niveau record, tandis que le Maroc affiche la progression la plus spectaculaire après une saison 2025/26 marquée par la sécheresse.

La campagne céréalière 2026/27 s’annonce comme l’une des plus importantes enregistrées en Afrique du Nord-Ouest. Les estimations portent la production totale de blé à 12,9 millions de tonnes métriques, soit une hausse de 61% par rapport à l’année précédente. Ce volume dépasse également de 58% la moyenne des cinq dernières années. Ces données concernent les trois principaux pays producteurs de la région : le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.

Des conditions climatiques favorables

Les performances attendues s’expliquent par des conditions météorologiques jugées favorables. Les précipitations enregistrées durant la saison ont permis d’assurer un niveau d’humidité élevé des sols. Ces conditions ont contribué à améliorer les rendements. Le rendement moyen régional est estimé à 2,43 tonnes par hectare, en progression de 38% sur un an. Les superficies récoltées ont également progressé. Elles sont estimées à 5,3 millions d’hectares, soit une hausse de 17% par rapport à la campagne précédente.

Cette augmentation des surfaces s’inscrit dans une dynamique régionale, dans un contexte où la culture du blé dépend en grande partie des précipitations. Le Maroc devrait enregistrer la plus forte progression de la région. Après une saison marquée par la sécheresse, la production est attendue à 7,5 millions de tonnes métriques. Ce niveau représente une hausse de 114 % sur un an. Le rendement est estimé à 2,68 tonnes par hectare, tandis que les surfaces récoltées atteignent 2,8 millions d’hectares.

L’Algérie vers un niveau record

L’Algérie se dirige vers une production record estimée à 4,1 millions de tonnes métriques. Cette performance correspond à une augmentation de 28% par rapport à l’année précédente. Le rendement est évalué à 2,05 tonnes par hectare, en hausse de 15%. Les superficies emblavées atteignent 2,0 millions d’hectares, soit une progression de 200 000 hectares.

La production tunisienne reste majoritairement composée de blé dur. Les conditions climatiques favorables enregistrées pour la troisième année consécutive ont contribué au maintien du niveau de production. Les données publiées par le Département américain de l’Agriculture indiquent que la progression de la production repose à la fois sur l’augmentation des surfaces et l’amélioration des rendements. L’ensemble de ces éléments positionne la campagne 2026/27 parmi les plus importantes enregistrées dans la région, selon les estimations disponibles.

Les importations en recul, la dépendance structurelle en question

Ces performances attendues pourraient avoir des répercussions directes sur les importations de blé des trois pays. Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie figurent parmi les plus grands importateurs mondiaux de céréales, une dépendance héritée de décennies de déficits structurels. Une récolte à ces niveaux permettrait mécaniquement de réduire les achats sur les marchés internationaux, allégeant d’autant la pression sur des devises étrangères souvent sollicitées. Pour l’Algérie, dont l’objectif d’autosuffisance céréalière est affiché comme une priorité nationale, la campagne 2026/27 constituerait une étape significative.

Des progrès fragiles, tributaires du climat

Ces résultats encourageants ne doivent pas occulter la fragilité structurelle de l’agriculture céréalière maghrébine. Dans les trois pays, la culture du blé reste majoritairement pluviale, c’est-à-dire dépendante des précipitations naturelles sans recours à l’irrigation. Les bonnes performances de 2026/27 reposent sur des conditions météorologiques favorables qui ne sont pas garanties d’une année à l’autre. Le changement climatique, qui accentue l’irrégularité des pluies et la fréquence des épisodes de sécheresse au Maghreb, fait peser une incertitude durable sur la capacité de la région à consolider ces gains.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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