Bisso na Bisso : les enfants du pays

Un des clous du Fespam 2001, le Bisso na Bisso au grand complet, célébrait son retour au pays. Porte-drapeau du Congo et du panafricanisme, le collectif a pu vérifier jeudi, lors de son tout premier concert à Brazzaville, la force d’une popularité toujours au top.

Il est 9 heures. La foule est déjà devant la grille. Le Palais du parlement de Brazzaville accueille ce soir un événement de taille. Ils connaissent tous leurs morceaux par coeur, ils connaissent tous leurs clips, mais ils ne les ont vus jusque là qu’à travers le petit écran. Alors qu’aujourd’hui, ils sont là en chair et en os. Son altesse Passi, Lino, Benjy, : Le Bisso na Bisso retrouvait ses racines : le Congo, et plus généralement l’Afrique.

La soirée d’hier était sous le thème de l’Afrique australe. Excellente, la formation gospel du Botswana – des jeunes des rues de 17 à 25 ans réunis à l’initiative d’une femme animée par sa seule foi, pour un bel ensemble de voix, plein de maturité. Exemplaire. Vivifiant, le ballet national du Mozambique, avec sa troupe de danseurs aux couleurs chatoyantes et ses chorégraphies effrénées.

Très attendu, Bonga ne sera malheureusement pas de la fête. L’Angolais n’a pu faire le déplacement. En revanche, le grand Tabou Ley est là. La légende vivante de la musique congolaise, l’inventeur de la Zoukous doit enflammer la salle. Frustration : il ne jouera pas. Il fera tout de même une apparition remarquée auprès de Faya Tess, son ancienne

Compagne à la scène comme dans la vie, qui le remplacera au pied levé. Une tâche dont elle s’acquittera d’ailleurs avec honneur et brio. Mais ce soir, la page est déjà tournée : le Bisso met tous les compteurs à zéro.

Plus de monde que pour Werrason

Devant les grilles donc, tout le monde se presse pour essayer de pénétrer dans la sacro-sainte salle. Beaucoup resteront dehors à ruminer leur infortune. Il y a plus de monde que pour Werrason, pourtant la coqueluche du public congolais. Les filles se sont apprêtées, la file d’attente exhale de multiples parfums. Le service d’ordre est sur les dents, d’autant que la femme du président, Madame Sassou Nguesso, doit venir. Elle non plus ne veut pas rater le Bisso.

Le Martiniquais Kali et les Cubains d’Orchestra Arogon tous deux excellentissimes ont bien failli faire oublier Passi et les autres. Failli seulement, car quand l’Altesse entre en piste, c’est le public qui défaille. Les clameurs montent de toute la salle. Même du balcon, d’ordinaire plus discret.

Un choeur de 5 000 personnes

Nul besoin pour le Bisso de forcer son talent pour installer l’ambiance. Ils sont déjà chauds comme la braise. Le groupe pourrait même se permettre le luxe de s’affranchir de chanter tant son répertoire est chanté, scandé à la virgule près par une salle survoltée. Qu’importe si le son n’est pas parfait. Qu’importe si les micros ne sont pas réglés, le spectacle dépasse ces simples considérations techniques.

Tout de blanc vêtu, à l’exception de la divine M Passi, le Bisso entame le concert avec entrain, poussé par l’allant de la foule. Jamais le Bisso na Bisso – entre-nous, en ingala – n’aura aussi bien porté son nom. Car tous ou presque sont issus de leur présente terre d’accueil : le Congo. Si ce n’est celui de la république démocratique, c’est celui de Brazzaville. Pas de nationalisme pour autant, car le groupe est là pour célébrer l’unité et le panafricanisme. Brazzaville n’est d’ailleurs qu’une étape de leur périple africain. Une tournée qui dépasse même le cadre strictement musical, puisque le Bisso amène également dans ses bagages habits et fournitures médicales pour ses frères du continent. Beau symbole de solidarité.

Exclusif, Afrik.com, Skyrock.com et Passiweb.com organisent avec le Bisso un Chat en direct de Brazzaville ce soir, vendredi 10, à 21h00 heure française (20h00 heure de Brazzaville). Rendez-vous sur Afrik.com à partir de 21h00