Bissapéti : Simon Moustapha Leclair a mis le bissap de sa mère en canette


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Simon Moustapha Leclair Bissapéti
Simon Moustapha Leclair Bissapéti

Le Franco-Sénégalais Simon Moustapha Leclair, 25 ans, a mis en canette le bissap de sa mère. Lancée mi-juillet à Besançon, sa marque Bissapéti dit avoir écoulé près de la moitié de ses 77 000 premières canettes et cherche maintenant un investisseur.

Simon Moustapha Leclair n’a pas quitté son emploi salarié en Suisse. C’est en parallèle que ce Bisontin de 25 ans a lancé, à la mi-juillet, Bissapéti, une boisson à l’hibiscus, à la menthe et à la vanille vendu en canette et fabriqué en France. Selon son fondateur, la boisson est aujourd’hui proposée dans environ 90 points de vente, entre commerces de proximité et grandes surfaces, principalement à Besançon, Paris et Nantes. Plusieurs magasins ont déjà repassé commande, et la jeune marque revendique quelque 37 000 euros de chiffre d’affaires sur ses trois premiers mois. France 3 lui consacre un reportage ce vendredi 16 octobre à 19 h 15. Simon Moustapha Leclair revient ici sur l’adaptation de la recette familiale et sur ses projets au Sénégal, où Bissapéti n’est pas encore distribuée.

D’où vient précisément votre hibiscus et avec qui travaillez-vous au Sénégal ?

Simon Moustapha Leclair : Nous nous approvisionnons auprès de Maison Keino. Les fleurs d’hibiscus sont cultivées au Sénégal, en Casamance. C’était important pour moi de conserver ce lien avec mes origines et de travailler avec une matière première de qualité. Petite anecdote : selon notre fournisseur, cet hibiscus est également utilisé par les cuisiniers du PSG pour préparer des boissons destinées aux joueurs !

Qu’avez-vous dû modifier dans la recette familiale pour la produire en canette ?

Simon Moustapha Leclair : Le grand défi était de retrouver la recette de ma mère dans une canette, en conservant son identité et les émotions que ce goût me procure.

Lorsque nous avons envoyé notre préparation au laboratoire pour l’adapter à la production industrielle, l’équipe a beaucoup apprécié le goût, mais nous a fait remarquer qu’elle contenait environ deux fois plus de sucre qu’un Coca-Cola. Dans ma famille, comme dans beaucoup d’autres, le bissap était préparé très sucré !

Nous avons donc retravaillé les dosages d’hibiscus, de menthe et surtout de sucre pour trouver un nouvel équilibre, avec une boisson finalement moins sucrée qu’un Coca-Cola.

Il fallait aussi penser aux personnes qui découvriraient le bissap pour la première fois. Pour moi, cette boisson évoque immédiatement des souvenirs d’enfance mais pour elles, il fallait créer une expérience gustative à part entière.

J’ai fermé les yeux et essayé de décomposer ce que je souhaitais ressentir : d’abord la puissance fruitée et acidulée de l’hibiscus, puis la fraîcheur de la menthe et, enfin, une touche de vanille pour arrondir l’ensemble. Inspirés par la pâtisserie, nous avons utilisé la vanille pour apporter une sensation gourmande tout en réduisant le sucre.

Après une cinquantaine d’essais, nous avons trouvé l’équilibre que nous recherchions.

Après trois mois, quels sont les résultats concrets, les coûts et les principales difficultés ?

Bissapéti Hibiscus
Bissapéti Hibiscus

Simon Moustapha Leclair : Trois mois après le lancement, nous travaillons avec deux distributeurs officiels, Ebo Distribution et AFD44, en complément de notre propre activité commerciale. Bissapéti, notre bissap en canette, est présente dans plus de 90 points de vente, notamment au sein de plusieurs enseignes de grande et moyenne distribution. Certains magasins se sont déjà réapprovisionnés à plusieurs reprises : c’est un signe très encourageant, car le produit ne fait pas seulement l’objet d’un premier achat de curiosité.

Sur Instagram et TikTok, nous approchons le million de vues cumulées. Nous y racontons l’histoire de la marque et partageons les coulisses de son développement.

Concernant les coûts, j’ai dû construire moi-même tout le modèle économique. J’y ai consacré des nuits entières pour ne rien laisser au hasard : protection de la marque et du logo, fabrication, matières premières, transport, stockage, frais administratifs, comptabilité et prospection commerciale. Démarcher des points de vente représente aussi du temps, des déplacements et des dépenses.

Chaque poste a été minutieusement calculé, car la boisson est une activité où le volume joue un rôle essentiel et produire davantage permet de réduire le coût de revient par canette.

Cette production de 77 000 canettes, dont près de la moitié a été vendue en trois mois, constitue une première étape pour tester le marché, confirmer la demande et éprouver notre organisation.

L’une des principales difficultés est la logistique. La demande se développe dans plusieurs villes et j’assure encore moi-même une partie des livraisons. Nous devons donc structurer progressivement notre réseau de distribution pour accompagner cette croissance et faciliter les réassorts.

La prochaine étape sera de trouver un investisseur pour financer une production beaucoup plus importante. L’objectif est de diminuer nos coûts de revient afin de proposer Bissapéti à un prix plus accessible et d’accompagner son développement.

Votre projet commence à attirer l’attention des médias français. Êtes-vous également sollicité au Sénégal, et quel accueil y reçoit Bissapéti ?

Simon Moustapha Leclair : Je reçois déjà de nombreuses demandes de particuliers et de professionnels qui aimeraient retrouver Bissapéti au Sénégal. La boisson n’y est pas encore distribuée, mais ces sollicitations me donnent très envie de concrétiser cette étape.

Nous avons eu la chance de la faire goûter au chanteur Omar Pène, ainsi qu’à des lutteurs sénégalais venus s’entraîner à Besançon. Leurs retours ont été très enthousiastes et ils nous ont encouragés à la proposer au Sénégal.

Je reçois aussi beaucoup de soutien de la communauté sénégalaise de Besançon. Des personnes prient pour nous, nous encouragent et attendent avec impatience de voir le produit arriver au pays. Cela me touche énormément.

Voir cette boisson inspirée de mon enfance trouver sa place en France est déjà une grande fierté. Pouvoir un jour la proposer au Sénégal aurait une dimension affective toute particulière.

Decouvrir Bissapéti

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