
Il est jeune, talentueux et tout aussi pétri d’expérience. Depuis quelques années, il dirige la direction pays (Bénin) de la maison d’édition française, L’Harmattan. Stephens Akplogan est comme une étoile qui luit au firmament littéraire béninois, navigant entre plusieurs genres. De l’essai au roman en passant par la biographie, il n’hésite pas à taquiner la muse à temps perdu. Stephens Akplogan assume son statut et vit de son travail. Voilà deux idées-forces se dégageant de nos échanges avec le natif de Porto-Novo qui s’est prêté volontiers à nos questions pour nous faire voyager dans son univers fait de livres, de rencontres et de livres encore.
Entretien
Afrik.com : Présentez-vous.
Stephens Akplogan : Je suis Stephens Akplogan. J’ai fait mes humanités entre autres en Psychologie et Sciences de l’Éducation à l’Institut Pontifical Jean-Paul II de Cotonou, en Philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal. Je suis écrivain-biographe, auteur d’une quinzaine d’ouvrages publiés. Je suis également Chargé de Cours à l’Institut National des Métiers d’Arts, d’Archéologie et de la Culture de l’Université d’Abomey-Calavi. J’officie, depuis quelques années, en qualité de Représentant et directeur de L’Harmattan au Bénin.
Afrik.com : Présentez-nous L’Harmattan Bénin, ses missions et ses accomplissements.
Stephens Akplogan : L’Harmattan Bénin est une représentation de L’Harmattan France. Nous sommes une maison d’édition, une librairie et, spécifiquement dans le cas du Bénin, nous avons joint à nos activités un Salon intellectuel qui accueille et anime des échanges d’intérêts sur les questions de société et dans les savoirs spécialisés.
Afrik.com : Qui avez-vous déjà reçu dans le cadre de ces échanges par exemple ?
Stephens Akplogan : Nous avons débuté cette expérience à l’Atrium de L’Harmattan, en février 2025, avec Me Robert Dossou. À sa suite, nous avons reçu le Professeur Joseph Djogbénou et ça n’a pas arrêté. Alors, les personnalités dont les noms suivent sont passées dans le Salon intellectuel de L’Harmattan Bénin : les professeurs Victor Topanou, Mahougnon Kakpo (en collaboration avec l’UCAO – Université catholique d’Afrique de l’ouest, ndlr), Monsieur Luc Gnacadja, le Ministre Wilfried-Léandre Houngbédji, l’Archevêque de Cotonou, Monseigneur Roger Houngbédji, Docteur Aristide Talon, Madame Marie-Cécile Zinsou…
Afrik.com : À quoi ressemble une journée ordinaire chez vous ?
Stephens Akplogan : Une journée ordinaire à L’Harmattan, c’est l’administration. Réception de manuscrits, tenue du comité éditorial avec mes collaborateurs, suivi des manuscrits en édition et état d’avancement (correction, mise en page, contrôle qualité, validation ultime, impression, calendrier de parution), projet de communication et de promotion. Dans une journée, l’un ou l’autre de plusieurs points de ces étapes est parcouru selon les urgences et la priorité de la semaine.
Afrik.com : Vous êtes écrivain, essayiste, biographe… L’écriture nourrit-elle son homme au Bénin ?
Stephens Akplogan : J’ai toujours affirmé à partir de mon rapport personnel avec le livre qu’il me nourrit. Je fais une écriture d’affaires et, à ce titre, je n’ai jamais manqué de bénéficier de ses créances. Je suis biographe de plusieurs personnalités sur le continent et j’ai aussi des partenaires que j’accompagne dans la création de leurs ouvrages par des conseils ou assistance particulière facturés.
Afrik.com : Vous signez ces biographies ou bien vous faites un travail commandité qui est finalement signé par le commanditaire ?
Stephens Akplogan : Je signe les biographies. Il faut distinguer une biographie d’une autobiographie qui peut être une commande ou une écriture assistée. On parle dans ce cas de Ghost-writing.
Afrik.com : Pourriez-vous nous donner quelques exemples de personnalités dont vous avez écrit la biographie sur le continent ?
Stephens Akplogan : Je suis le dernier biographe officiel de l’ancien Premier ministre, Edem Kodjo, du Togo. Il a collaboré au projet et vu le dernier draft avant son décès. Je suis le biographe du ministre Henri Djombo du Congo-Brazzaville. Et il y en a bien d’autres dont l’ancien archevêque de Cotonou, Monseigneur Antoine Ganyé, et des essais à caractère biographique sur Paul Hazoumè, Djimon Hounsou…
Afrik.com : Quels sont vos rapports avec le milieu des écrivains béninois ?
Stephens Akplogan : J’entretiens de bons rapports avec le milieu littéraire béninois. J’ai 19 ans au compteur depuis la parution de mon premier livre en 2007. Je ne suis pas souvent dans les rencontres ordinaires, mais je reste néanmoins présent sans obstruer le passage aux autres.
Afrik.com : Avez-vous un penchant particulier pour un écrivain béninois ?
Stephens Akplogan : Nous avons quelques auteurs parmi les anciens dont l’écriture et le postulat idéologique valent un système de pensée social et philosophique. Parmi ces pères, j’ai beaucoup plus de révérence pour le projet anthropologique et philosophique qui sous-tend les productions majeures de Paul Hazoumè à qui j’ai consacré deux livres : L’Ancêtre, Epitre selon Paul HAZOUME (Ed. du Flamboyant, 2013) ; Paul HAZOUME : Littérature initiatique et dialectique de l’universel (L’Harmattan, 2026). J’estime d’ailleurs que ses livres n’ont pas encore livré toute la sève qu’ils contiennent.









