Bénin : le PRD en force à Porto-Novo, à la veille des Législatives

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Le Parti du renouveau démocratique (PRD), un des principaux partis d’opposition du Bénin, apparaît sûr de ses forces dans son fief historique de Porto Novo, la capitale, à l’approche des élections législatives béninoises.

A Porto-Novo,

Entouré de ses partisans venus en nombre assister aux derniers rassemblement avant les élections de dimanche prochain, le Parti du renouveau démocratique (PRD) a battu campagne, ce jeudi, devant l’Assemblée national béninoise, à Porto Novo. Les candidats du parti ont chauffé une foule de quelques centaines de partisans, emmenés par le chef de liste et opposant historique, Adrien Houngbedji.

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Le président du PRD, Adrien Houngbedji, au centre, vêtu de blanc, avec à sa gauche, la candidate Ibath Sanni Glèlè, troisième sur la liste du PRD

« Cinq sur cinq », clamait la candidate Ibath Sanni Glèlè, troisième sur la liste du PRD, dans la 19e circonscription. Le slogan est répété en chœur par la foule. Le parti est déterminé à faire le plein de vote à Porto-Novo, fief historique de son leader, Adrien Houngbedji, et dans la 19e circonscription où cinq sièges de députés sont en jeu. La ligne politique du parti est claire : il s’agit de faire barrage au parti au pouvoir du Président Boni Yayi, les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE).

Les caravanes de motos sillonnent la ville

rb_rp.jpg L’Assemblée nationale était le point de départ d’une nouvelle caravane du PRD qui, après le rassemblement, s’est lancé à travers Porto-Novo. Plutôt que de grands meetings, l’opposition a choisi cette nouvelle forme de manifestation. Beaucoup plus bruyante, elle consiste pour les candidats à circuler dans la ville accompagnés de plusieurs dizaines de partisans montés sur des motos floquées aux couleurs du parti.

La caravane d’un autre parti d’opposition, l’alliance RB-RP, avait fait entendre ses klaxons à toute la ville, deux jours plus tôt.

« Nous somme déterminés à préserver la Constitution. Partout où la Constitution est changée, c’est la guerre. Il n’est pas question d’accepter la guerre dans notre pays », tonne un des candidats, du haut du podium installé, pour l’occasion, devant l’Assemblée nationale.

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Le principal argument de campagne du PRD, comme de tous les autres partis d’opposition, est le refus de la modification de la Constitution que veut entreprendre le parti au pouvoir. Ils accusent le Président Boni Yayi de vouloir se présenter à un troisième mandat. « Nous allons prendre beaucoup de députés. Nous refusons un troisième mandat » du chef de l’Etat, rapporte la femme.

Des partisans rémunérés

L’adhésion populaire semble acquise. La pauvreté est endémique et la présence d’une large partie des personnes au meeting a ainsi été encouragée par des sommes d’argent distribuées par le parti, à l’image des autres formations politiques béninoises. Certains responsables de quartier se chargent de noter les noms de ceux qui se sont déplacés et qui recevront ensuite une rétribution en Franc cfa, entre 500 et 3 000 FCFA, parfois plus. Les « partisans » qui se déplacent sont motivés par l’argent, mais aussi par la situation économique et sociale très difficile dans le pays.

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La population, parmi laquelle beaucoup ne mangent pas à leur faim, semble lassée des 10 ans de pouvoir de leur Président et de son parti. « Ma famille n’arrive pas à s’en sortir. Je vote PRD pour résoudre le chômage », déclare, à l’image de la majorité des présents, Paul, conducteur de taxi-moto, qui assiste au meeting. « Les temps sont durs », confirme un de ses collègues à ses côtés.

Lutter contre le chômage

Cela fait longtemps que Moïse, tailleur de son état, vote pour ce parti d’opposition, et « ce n’est pas une histoire d’argent », indique-t-il. « On ne veut plus du FCBE. Ils essayent de nous avoir », poursuit-il. Le parti au pouvoir semble avoir perdu la confiance d’une large partie de la population. « Il n’a rien fait de bon », affirme Théodore, militant du PRD. Il vote pour ce parti pour lutter contre le chômage et la corruption qui est chronique au Bénin.

Alors que le retard dans la distribution des cartes d’électeurs fait craindre des fraudes, le scrutin de dimanche reste encore à déterminer.