Bénin – Covid-19 : et si les mesures restrictives strictes revenaient ? 

1149 cas confirmés, 306 guérisons et 16 décès, ce sont les chiffres officiels concernant la gestion de la crise du Coronavirus au Bénin au 27 juin. Plus de 25 nouveaux cas ont été enregistrés en 24 heures ; une situation qui relance les débats sur l’observation des gestes barrières, mais aussi sur les restrictions levées il y a quelques semaines.

Alors que l’Occident comptait ses cadavres à la manière d’un économe qui craint la dépense, la plupart des pays africains se complaisaient dans une sorte de suprématie génomique qui leur aurait éviter la contagion massive. Oui, le Bénin fait aussi partie de ces pays dont les patriotes saisonniers ont laissé libre cours à leurs baves sur les réseaux sociaux, brandissant ce qui apparaissait à l’époque comme une meilleure gestion de la pandémie.

Mais à la lumière des dernières nouvelles, l’Afrique est le continent qui, curieusement, à l’instar de l’Occident il y a encore quelques mois, commence à craindre le pire. La question qui se pose actuellement est donc de savoir : a-t-on loupé quelque chose ? Sans vouloir se mettre dans la peau de l’Expert des bars du dimanche soir, la réponse la plus évidente est oui. Oui, parce que l’augmentation du nombre de personnes contaminées ne peut être due au hasard ou à un règlement de compte dont mère nature aurait le secret.

Il apparaît clairement qu’en Afrique noire, nous avons surestimé nos capacités naturelles génétiques. Il est évident aussi que nous avons manqué d’analyser profondément les situations favorables à la propagation du virus, car comme dans le cas du virus de la grippe, c’est le froid qui en est le moteur essentiel. Pour rappel, ce fut au cours de la période hivernal que la contagion fut la plus importante en Occident. Aujourd’hui que l’été et son chaud soleil ont pointé leur nez, les choses se sont un peu plus stabilisées et le virus recule, même si par endroit de nouveaux pics sont signalés.

Maintenant qu’il pleut sur le continent Noir, il est à craindre une avalanche de cadavres en parallèle. En effet, à la date du 28 juin, le nombre de cas confirmés en Afrique s’élève à 372 812. Au Bénin, ce sont 1 149 cas qui ont été détectés au total ; le nombre ayant quadruplé en seulement quatre semaines.

La tendance est la même dans presque tous les pays du continent. La grande question est maintenant de savoir comment la crise qui s’annonce sera gérée. S’agira-t-il de courir après les chiffres en essayant de les asphyxier ou de les contaminer avec de l’espoir ? Ou allons-nous prendre la mesure du problème et instaurer à nouveau les mesures restrictives ? La question est vite répondue puisque le gouvernement béninois vient de durcir les mesures, du moins en ce qui concerne les gestes barrières. Mais cela est-il suffisant ? Ne devrait-on pas songer à des mesures un peu plus radicales ? S’il est vrai que les experts avaient prédit une hausse du nombre de cas pendant la saison des pluies, la réouverture des bars ne pèserait-elle pas également dans la balance ?

Il est indispensable, cependant, de prendre conscience de l’incidence économique que de telles décisions pourraient avoir autant pour l’Etat que pour le citoyen lambda. Même si cela ne semble pas très évident, ne serait-il pas mieux de penser à cette possibilité avec le nombre de personnes contaminées qui augmente avec son cortège de macchabées ?