Ben Ali : le retour du mort-vivant

L’actualité a sorti Ben Ali du silence. L’ancien président tunisien s’est exprimé pour la première fois depuis janvier par l’entremise de son avocat, Me Borgne, pour dénoncer son procès qu’il qualifie de « mascarade ». Le dictateur déchu, que certaines rumeurs disaient mort, se défend des accusations qui sont portées contre lui.

Ben Ali était donné à l’article de la mort depuis février dernier. Certaines rumeurs le donnaient même pour mort. Mais l’ancien chef d’État tunisien est sorti de son silence pour condamner le procès qui, selon les nouvelles autorités tunisiennes, lui sera fait « dans les jours ou les semaines à venir ». Pour la première fois ce lundi depuis qu’il a été hospitalisé en Arabie Saoudite à la mi-février, Zine El Abidine Ben Ali s’est exprimé pour dénoncer ce qu’il estime être une « mascarade » judiciaire. Me Borgne, son avocat, a déclaré dans un communiqué que « lassé (du) rôle de bouc émissaire reposant sur le mensonge et l’injustice, le président Ben Ali sort exceptionnellement de sa réserve ». Il ajoute que « les perquisitions effectuées dans ses bureaux officiels et personnels ne sont que des mises en scène destinées à le discréditer » et « le procès que la Tunisie instruit à son encontre n’est qu’une mascarade dont le seul sens est d’illustrer une rupture symbolique avec le passé ».

Un procès imminent et des plaintes en cours

Le ministère tunisien de la Justice a indiqué la semaine dernière que le président déchu et son épouse Leïla Trabelsi seraient jugés par contumace très prochainement pour deux premières affaires. L’une porte sur « la découverte d’armes et de drogues dans le palais présidentiel de Carthage ». L’autre sur l’importante somme d’argent que la commission nationale anticorruption a trouvé dans le palais présidentiel de Sidi Bou Saïd, au Nord de Tunis. Les époux présidentiels et des proches sont accusés d’homicides volontaires, abus de pouvoir, malversation, trafic de pièces archéologiques, blanchiment d’argent et violation de la réglementation sur les marchés publics.

L’avocat de Ben Ali a également indiqué que son client « ne possède ni biens immobiliers ni avoirs bancaires en France, non plus que dans un autre pays étranger ». Plusieurs pays européens ont gelé les avoirs de Ben Ali et de sa famille qui se sont considérablement enrichis durant les 23 ans de règne. La justice française a ouvert en janvier dernier une plainte contre le couple déchu et leur entourage proche pour détournement de fonds et blanchiment. Transparence International France(TI), Sherpa et la commission arabe des droits de l’homme avaient aussi déposé plainte pour corruption, détournement de fonds et blanchiment.

Zine El Abidine Ben Ali a été renversé le 14 janvier par la Révolution du Jasmin, à un vaste mouvement de contestation populaire.