Bamako, reine de la photo

Le ministre de la Culture malien, Pascal Baba Coulibaly, était ce lundi dans la capitale française pour présenter la quatrième édition des Rencontres photographiques de Bamako. Interview.

Les quatrièmes Rencontres de la photographie africaine de Bamako rassembleront du 15 octobre au 15 novembre prochain 140 artistes du continent et présenteront plus de 3000 clichés. Un rendez-vous auquel s’associe pleinement le gouvernement malien afin de faire de cette manifestation un événement incontournable. Interview de Pascal Baba Coulibaly, ministre de la Culture du Mali.

Afrik : Les Rencontres de la photographie africaine de Bamako devaient se tenir en février 2001, pourquoi ce changement de calendrier ?

Pascal Baba Coulibaly : Cette quatrième édition se place dans une logique de continuité et de rupture avec les éditions précédentes. Continuité dans le contenu mais rupture dans la forme. Nous voulions que les Rencontres soient plus qu’une occasion d’échanges entre professionnels. Qu’elles soient une fête populaire pour le pays. Il a donc fallu prendre le temps de repenser le programme et l’organisation de la manifestation. Cette année, six communes du district de Bamako sont impliquées et j’espère que cette biennale sera une fête totale.

Afrik : Le gouvernement malien veut-il faire des Rencontres une référence sur le continent ?

Pascal Baba Coulibaly : Les initiatives culturelles se multiplient et naissent au jour en Afrique et il faut toutes les soutenir. Mais il est vrai que dans le domaine de la photographie, Bamako est pionnière. Nous ne pouvons donc qu’améliorer les Rencontres pour qu’elles s’imposent d’elles-mêmes comme un rendez-vous incontournable.

Afrik : Quelle est l’implication du gouvernement dans l’organisation des Rencontres ?

Pascal Baba Coulibaly : Jusqu’ici, le gouvernement se contentait d’accueillir la Biennale. Cette année, le gouvernement a décidé, sur mon initiative, d’allouer une subvention financière significative aux Rencontres. Nous commencerons avec une enveloppe de 50 millions de FCFA et nous reverrons le niveau de notre contribution au fil des années.

Afrik : Avez-vous d’autres projets pour soutenir la photographie et les photographes du continent ?

Pascal Baba Coulibaly : L’idée de construire une Maison de la photographie à Bamako est née avec les Rencontres il y a 8 ans. Elle n’est pas encore réalisée, mais c’est un projet qui nous tient à coeur. Je veux donner un espace à la sauvegarde de notre patrimoine et à la conservation de notre mémoire. De plus, seule une Maison de la Photographie pourrait fixer définitivement la manifestation à Bamako et impliquer davantage la population.

Afrik : Le gouvernement malien mise-t-il sur la culture ?

Pascal Baba Coulibaly : Tout à fait. On peut dire qu’il y a une nouvelle impulsion. Pour la première fois, le ministère de la Culture est un ministère à lui tout seul. Il n’est pas noyé au milieu des Sports ou de l’Education. Depuis que j’ai pris mon poste, de nombreuses réalisations ont été effectuées. L’année dernière, nous avons organisé la première rencontre de chasseurs africains, nous sortons tout juste de la Semaine des Arts et de la Culture que j’ai remise au goût du jour (elle était tombée en désuétude depuis 1988, ndlr). J’ai également institué la Semaine du Film de Bamako qui prévoit de nombreuses projections à la population. Nous voulons éditer une carte culturelle du Mali pour mettre en avant notre patrimoine et nous aidons à la formation et à la subvention d’artistes locaux.