Au Soudan, les militaires ne lâchent pas le Conseil de souveraineté

Abdel Fattah al-Burhane
le général Abdel Fattah al-Burhane

Le général Abdel Fattah al-Burhan, a nommé, ce jeudi 11 novembre, les nouveaux membres du Conseil de souveraineté, composés en majorité de militaires. Cette nomination intervient alors que des voix réclament toujours un transfert du pouvoir aux civils.

Des militaires conservent le Conseil de souveraineté malgré les multiples appels au transfert du pouvoir aux civils. Ce jeudi 11 novembre, le général Abdel Fattah al-Burhan, tête d’affiche du putsch du 25 octobre, a nommé les nouveaux membres de cette structure. La présidence du Conseil est conservée par lui et son collègue, le général Mohammed Hamdan Dogolo, conserve également la vice-présidence, malgré les accusations d’exactions qui pèsent sur lui.

D’après des sources sur place, seuls treize noms sur les quatorze personnalités qui composent le nouveau Conseil de souveraineté ont été annoncés. On note la mise à l’écart de plusieurs personnalités qui exigeaient le transfert du pouvoir aux civils. Il s’agit notamment d’Abou al-Qassem Bortoum, qui avait plaidé pour la normalisation avec Israël ; un ancien député du temps d’Omar el-Béchir, un homme d’affaires à la tête de plusieurs compagnies agricoles et de transport ; ou encore Salma al-Moubarak.

Certains membres reconduits dans le nouveau Conseil de souveraineté sont des rebelles signataires de l’accord de paix de Juba, en 2020, alors que d’autres sont des hauts-cadres de l’armée. La plupart de ces membres reconduits avaient soutenu le putsch mené par le général Abdel Fattah al-Burhan. Dans la foulée, la nomination des ces membres ne passe pas dans l’opinion où des voix dénoncent la conservation du pouvoir par l’armée.

« C’est une fuite en avant », a écrit sur Facebook, Hamza Baloul, ministre de l’Information, dans le gouvernement dissout par le putsch du 25 octobre. Après cette annonce, des habitants de Khartoum sont descendus dans les rues. Les comités de résistance, eux, projettent d’organiser une marche ce samedi 13 novembre, apprend-t-on des sources sur place.

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