Au secours, le Niger se meurt

Neuf mois sans pluie. Le Niger a la famine au seuil de sa porte. Le désert avance inexorablement. L’aide internationale tarde à venir. Le ministre de l’Environnement et de la lutte contre la désertification, Issoufou Assoumane, lance un appel au secours. Interview.

Le Niger, premier pays le plus pauvre au monde, est menacé de famine. Le déficit pluviométrique menace toute la société nigérienne. Les plus jeunes quittent le pays pour le Bénin ou la Côte d’Ivoire. Les vieux et les enfants attendent impatiemment une aide internationale. C’est une question de vie ou de mort.

Afrik : Comment expliquez-vous cette sécheresse ?

Issoufou Assoumane : Le Niger a connu un déficit pluviométrique important l’année dernière. La saison actuelle a bien commencé puis s’est dégradée. Je n’ai pas de réponses affirmatives à vous donner concernant les changements climatiques. On parle de couche d’ozone et de gaz appauvrissants…

Afrik : Vous croyez donc que la pluviométrie est liée à la couche d’ozone ?

Issoufou Assoumane : Je n’en sais rien. Par contre, je sais pertinemment que nous ne sommes pas producteurs de ces gaz. Les pays africains sont devenus la poubelle de l’Occident. Nos pays, des cimetières pour les déchets de pays consommateurs. Le Niger ne pollue pas mais paie les conséquences de la pollution ! Et les organisations internationales ont le culot de nous demander de contribuer à la protection de la couche d’ozone ! Pourquoi et surtout avec quel argent ?

Afrik : Concrètement, comment allez-vous faire pour nourrir la population ?

Issoufou Assoumane : Le désert arrache annuellement 5 000 hectares de terres cultivables aux paysans. Le Niger est un pays pauvre, nous n’avons pas les moyens de lutter contre le désert. Nous demandons l’aide internationale pour lutter efficacement contre la désertification et pour planter des forêts. Notre peuple meurt de faim et de soif.

Afrik : Le problème d’eau paraît insoluble…

Issoufou Assoumane : Non, il est facilement résoluble. Nous avons un excellent plan pour puiser l’eau souterraine. Le Niger possède des milliards de mètres cubes d’eau souterraine et des milliers d’hectares de terres riches en humus. Malheureusement, nous n’avons pas les moyens financiers pour redonner vie à cette terre et surtout aux hommes. Il faut que la communauté internationale se mobilise. La famine est là !

Afrik : Pourquoi d’après vous l’aide internationale tarde à venir ?

Issoufou Assoumane : Je n’en sais rien. Il faut poser la question aux décideurs occidentaux. Nous avons des terres arables, des réserves hydrauliques mais nous ne pouvons rien en faire ! Je lance un appel international. Aidez-nous, c’est urgent !