Attaque du consulat américain en Libye : une cinquantaine de suspects interpellés

Les autorités libyennes ont interpellé ce dimanche une cinquantaine de suspects suite à l’attentat mardi contre le consulat des Etats-Unis de Benghazi qui a couté la vie à l’ambassadeur américain. Alors que Tripoli estime que cette attaque était préméditée, Washington penche plutôt sur la thèse du rassemblement spontané.

C’est un vaste coup de filet que les autorités libyennes ont réalisé ce dimanche. Une cinquantaine de personnes suspectées d’être liées à l’attentat contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi ont été interpellées, a annoncé Mohamed Magarief, le président du Congrès national général, l’Assemblée libyenne issue des élections législatives du 7 juillet. Les protestataires contestaient la diffusion du film L’Innocence des musulmans, qui offense l’Islam, selon eux.

Pour Mohamed Magarief, cet attentat, qui a eu lieu le 11 septembre -date anniversaire des attentats du World Trade center aux Etats-Unis- était « préméditée ». Il souligne également que toutes les personnes interpellées ne sont pas originaires de Libye.

La contagion

L’ambassadrice américaine Susan Rice a pris à contrepied les déclarations du président du Congrès général national. Selon elle, le drame de Benghazi a commencé avec un rassemblement « spontané et non prémédité » même s’il a eu lieu le 11 septembre. « Des gens s’étaient rassemblées à l’extérieur du consulat avant que cela devienne très violent et que des extrémistes lourdement armés se jettent dans la mêlée », a-t-elle expliqué sur la chaîne américaine ABC. Elle a toutefois indiqué qu’il fallait attendre les « confirmations définitives » de l’enquête menée par les autorités américaines. De son côté, la Maison Blanche a affirmé n’avoir « aucune information laissant penser à une attaque planifiée ».

La tension est toujours vive plus d’une semaine après cette attaque, qui a coûté la vie à l’ambassadeur américain et provoqué une flambée de violences dans plusieurs pays musulmans. Des affrontements ont eu lieu devant des représentations diplomatiques américaines en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie. Des manifestations se sont aussi tenues ce week-end à Paris, Anvers et Londres.

Ces rassemblements sont de plus en plus violents. En Tunisie, quatre personnes ont péri lors d’une manifestation à Tunis. Au Pakistan, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le nord-ouest. Les autorités américaines, elles, sont préoccupées par cette pluie de contestation qui gangrène le Monde arabe. L’on ignore pour le moment jusqu’où ira-t-elle. Des tensions qui rappellent que les rapports des Etats-Unis avec le monde musulman restent fragiles.

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