
Au Bénin, les élections législatives du 11 janvier 2026 ont débouché sur une Assemblée nationale sans représentation de l’opposition. Selon les résultats publiés par la Commission électorale nationale autonome, l’ensemble des 109 sièges revient aux deux partis de la mouvance présidentielle.
Le verdict des urnes est tombé. Au lendemain des législatives du 11 janvier 2026, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a rendu publiques les tendances confirmant un basculement politique majeur. Pour la deuxième fois sous la présidence de Patrice Talon, l’opposition se retrouve totalement exclue de l’hémicycle. Cela laisse le champ libre aux formations soutenant l’action du chef de l’État.
Un Parlement aux couleurs de la majorité présidentielle
Les 109 sièges qui composent l’Assemblée nationale seront désormais occupés exclusivement par deux partis de la mouvance présidentielle. L’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR) se partagent l’intégralité des sièges. Cette configuration rappelle le précédent de 2019, où l’absence de listes d’opposition avait déjà conduit à une assemblée dite « monocolore ». Pour cette législature, l’UPR conserve sa position de leader avec 60 sièges, suivie du BR qui en obtient 49.
Le couperet du seuil électoral des 20 %
Si l’opposition ne siégera pas, c’est principalement en raison des dispositions rigides du code électoral. Le principal parti d’opposition, « Les Démocrates », dirigé par l’ancien président Thomas Boni Yayi, a recueilli 16,14 % des suffrages au niveau national.
Bien que ce score représente une part significative de l’électorat, il reste inférieur au seuil légal de 20 % exigé par la loi pour obtenir une représentation parlementaire. Cette règle, combinée à une participation électorale modeste de 36,7 %, a mécaniquement écarté les voix dissidentes du futur débat législatif.
Vers une gouvernance sans contre-pouvoir législatif
Avec une Assemblée nationale totalement acquise à sa cause, l’exécutif dispose désormais d’une voie royale pour mener ses réformes sans obstacle parlementaire. Cette situation soulève néanmoins des interrogations au sein de la société civile sur la représentativité de l’institution.
Alors que le pays se projette déjà vers l’élection présidentielle d’avril 2026, l’absence de députés de l’opposition pourrait complexifier le système des parrainages nécessaires pour les futurs candidats.




