Après Rabat et Paris, Alger s’en prend à l’AFP

Ammar Belhimer (28 oct 21)
Ammar Belhimer

Après avoir chargé le Maroc, à qui elle a interdit son espace aérien après avoir rompu les relations diplomatiques, tancé la France dont les avions militaires sont soumis aux mêmes sanctions que celles infligées aux appareils du royaume chérifien, le régime algérien s’en prend à l’agence l’AFP.

L’Algérie pousse le bouchon un peu plus loin. Après avoir rompu les relations diplomatiques avec le Maroc dont les avions, militaires comme civils, sont bannis de l’espace aérien algérien, l’Algérie a fait de même avec la France, en interdisant aux avions de la force française Barkhane de passer par son espace aérien pour rejoindre le Sahel. L’on pensait qu’Alger, après avoir ouvert tous ces fronts, allait se calmer, voilà que le régime du Président Abdelmadjid Tebboune s’en prend à l’AFP.

C’est carrément des leçons de journalisme que tente de donner le régime algérien à l’AFP. En effet, le ministre algérien de la Communication, Ammar Belhimer, a appelé, ce mercredi 27 octobre, l’Agence France Presse (AFP) à respecter les règles d’éthique et de déontologie professionnelles dans son traitement médiatique. Alger reproche au média «l’adoption d’une récente ligne éditoriale», caractérisée par la «subversion et la diffamation» visant la stabilité de l’Algérie.

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«L’Algérie, à travers ses récentes réformes institutionnelles garantissant les libertés d’expression et de la presse, s’est engagée dans un processus de conception et de mise en œuvre de stratégies et de résolutions de transparence, afin de consolider une relation de confiance entre l’institution et le citoyen… Néanmoins, il nous a été donné de constater la récente ligne éditoriale de l’AFP», a fait savoir Ammar Belhimer, dans une déclaration à l’APS.

Mieux, souligne le ministre algérien pour le déplorer, cette «récente ligne éditoriale de l’AFP est caractérisée par la subversion et la diffamation visant, en vain, la stabilité de l’Algérie, ses services de sécurité et son Armée nationale populaire». Et de poursuivre sous forme de menaces : «nous accordons une importance capitale à l’éthique professionnelle dans le domaine du journalisme et de l’information, et demeurerons intransigeants face à tout dépassement ou attitude non-professionnelle».

Belhimar ne s’arrête pas là, il met en garde que «l’Algérie est déterminée à défendre sa souveraineté nationale et à protéger son peuple contre les activités et les plans subversifs que renferment les contenus actuels de l’AFP», menaçant que de «telles attitudes, émanant de médias étrangers, entraînent, habituellement, le retrait de leur agrément pour dérapages, désinformation, intox ou parti pris pour porter atteinte à l’Algérie».

«Il appartient donc à l’Agence France Presse de respecter les règles en vigueur, d’éthique et de déontologie professionnelles, dans son traitement médiatique», a clairement indiqué le ministre algérien de la Communication, qui a ainsi lancé une invite à l’AFP d’adopter une ligne éditoriale favorable au régime algérien.

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