Algérie : un an de prison ferme pour Amira Bouraoui 

Amira Bouraoui

Avec six chefs d’accusation, dont celui d’offense au président de la République, Amira Bouraoui a été reconnue coupable et risque une peine d’un an de prison ferme. Elle est mère de deux enfants, l’un de 12 ans et l’autre de 16 ans.

Un dossier considéré comme vide 

La condamnation a été prononcée ce dimanche. Amira Bouraoui a été condamnée pour les six chefs d’accusation retenus contre elle. Il s’agit d’incitation à violer le confinement, d’offense à l’Islam, d’exposition de son intégrité physique à un danger au cours de la crise sanitaire, d’exposition de la vie d’autrui, de publication de nature à porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale. Il lui est aussi reproché d’avoir offensé le président de la République. 

Amira a été interpellée à son domicile mercredi dernier. Selon ses avocats, le dossier de la partie adverse était complètement vide et ils envisagent faire appel de la décision. De son côté, Reporters sans frontière a fait savoir aux autorités algériennes qu’elles ne devraient pas instrumentaliser la justice dans le but d’empêcher la presse de faire son travail. Par ailleurs, la LADDH relève que ce sont environ 500 manifestants qui ont été interpellés à travers le pays. Dans le lot, une vingtaine sont sous mandat de dépôt. Quant à elle, Amira Bouraoui est une militante membre du Hirak, il s’agit du mouvement qui est à la base de la démission d’Abdelaziz Bouteflika, en 2019. 

Une affaire similaire 

En février, c’était Samir Benlarbi, membre du Hirak, qui était devant la justice algérienne. Il lui était reproché d’avoir diffusé du contenu qui portait atteinte à l’intégrité du territoire et à l’intérêt national sur les réseaux sociaux. A l’époque, le Procureur avait retenu une peine de trois ans contre lui. Même si Samir a été acquitté, la LADDH avait dénoncé sa détention provisoire qui fut assez longue. En effet, il a été gardé en détention depuis septembre avant que son procès en acquittement n’ait lieu en février. Selon la LADDH, c’est devenu une pratique courante, mise en œuvre par le gouvernement en place pour intimider les manifestants ainsi que les journaliste du pays.