Algérie : remaniement ministériel, gage d’un 4ème mandat pour Bouteflika ?

Après avoir procédé mercredi à un vaste remaniement ministériel, un quatrième mandat n’est peut-être pas à exclure pour le chef de l’Etat algérien qui a placé ses proches dans les postes clés de l’Etat qui seront au cœur de l’organisation du scrutin présidentiel prévu en avril 2014.

Abdelaziz Bouteflika fait peau neuve après avoir procédé à un profond remaniement ministériel mercredi. Le Président algérien que tout le monde avait enterré il y a quelques mois suite à son accident vasculaire cérébral, se retrouve renforcé suite à cette mesure. Il est aussi sorti de son mutisme. Et il multiplie, les apparitions télévisées, tout comme les invitations de responsables politiques, en accueillant le chef du parti tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, puis Beji Caid Essebci, responsable du mouvement opposant tunisien, Nida Tounes.

Abdelaziz Bouteflika a joué la carte du remaniement ministériel pour reprendre du poil de la bête. Il faut dire que le chef d’Etat algérien a placé ses proches et hommes de confiance aux postes clés. Tayeb Belaïz, président du Conseil constitutionnel, a été nommé ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. Ahmed Gaid Salah a, lui, été désigné vice-ministre de la Défense nationale tout en gardant son poste de chef d’état-major de l’armée algérienne (ANP). Le diplomate Ramtane Lamamra a, quant à lui, été désigné ministre des Affaires étrangères tandis que Tayeb Louh, ancien ministre du Travail, a été nommé ministre de la Justice.

Quatrième mandat en vue

Même si ses tracas de santé l’ont affaibli ces dernières années, Abdelaziz Bouteflika n’a pas renoncé au fauteuil présidentiel pour l’élection d’avril 2014. Loin de là. Et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles il a placé ses fidèles à des postes stratégiques, notamment aux ministères de l’Intérieur et de la Justice. Deux ministères qui seront au cœur de l’organisation du scrutin présidentiel.

Le quotidien indépendant El Watan l’a bien compris. Critique à l’égard de ce remaniement, le journal ne mâche pas ses mots dans son édito contre le chef d’Etat algérien. Pour El Watan le nouveau gouvernement algérien n’est ni « un gouvernement de réforme », ni « un gouvernement de technocrates », ni un « gouvernement de transition », mais uniquement « des réglages à l’intérieur du système destinés à renforcer la cohésion de l’équipe au pouvoir ». Une stratégie du chef d’Etat qui cache mal ses ambitions pour 2014.