Algérie : quand Saïd Bouteflika évoque le report de la Présidentielle

Saïd Bouteflika

Tractations au sommet de l’Etat en Algérie, où le frère cadet du Président Abdelaziz Bouteflika, Saïd notamment, est sur une dynamique de report de l’élection présidentielle prévue dans trois mois.

L’hypothèse d’un report de l’élection présidentielle a bien été agitée dans les plus hautes sphères de l’Etat algérien, à seulement trois mois de la fin du mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Cette information, qui a eu l’effet d’une bombe, a été révélée, ce jeudi 17 janvier 2019, par le journal El Khabar, publiant la substance d’un courrier du parti islamiste. Selon le journal, Abderrazak Makri y écrit qu’il a rencontré à plusieurs reprises le frère du chef de l’Etat algérien, Saïd Bouteflika, révélant que ce dernier était favorable à l’option du report de l’élection présidentielle, prévue le 18 avril 2019.

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Appelant publiquement à un report de l’élection présidentielle, au mois de novembre dernier, Abderrazak Makri, chef du premier parti islamiste d’Algérie, suite à une rencontre avec le frère du chef de l’Etat, s’était dit convaincu que la possibilité d’un cinquième mandat de Bouteflika ne fait pas consensus au sein des décideurs. Ajoutant qu’il n’y a pas non plus de consensus sur le successeur du président. Raison suffisante, à ses yeux, pour qu’il propose un report du scrutin permettant ainsi aux différents acteurs politiques de disposer d’assez de temps pour dialoguer et trouver un consensus.

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Mais avant de penser à repousser la date de l’élection, révèle toujours El Khabar, les membres du pouvoir, ayant du mal à s’accorder sur la succession de Bouteflika, ont envisagé la possibilité de rallonger la durée du mandat du Président de cinq ans à sept ans. Option de report dégagée en touche par l’armée algérienne. Au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, rattrapé par des ennuis de santé, notamment un accident vasculaire cérébral contracté en 2013, et qui l’a contraint à se déplacer en fauteuil roulant, est pointé du doigt pour vouloir briguer un cinquième mandat. Ce qui fait l’objet d’une vive polémique dans ce pays d’Afrique du Nord.