
En l’espace de quelques jours, l’Algérie a signé des accords structurants avec deux partenaires européens stratégiques : la Serbie et la Belgique. Ces avancées illustrent une volonté affirmée d’Alger de diversifier ses alliances, de consolider son rôle de puissance énergétique et d’établir son leadership régional sur le bassin méditerranéen. Une stratégie diplomatique ambitieuse visant à transformer l’héritage politique en résultats économiques concrets.
Serbie : un partenariat historique en mutation économique
La visite officielle du Premier ministre serbe à Alger a marqué une accélération des relations bilatérales. Plusieurs accords ont été signés dans les secteurs culturel, financier, touristique, postal et des télécommunications, confirmant l’intention de les deux pays de transformer leur proximité politique en dynamique économique.
À ce jour, les échanges commerciaux restent en deçà du potentiel réel. Les autorités algériennes misent sur l’activation de la commission mixte de coopération pour débloquer les projets communs et attirer des investissements directs serbes. L’objectif est clair : faire de l’Algérie une plateforme régionale d’investissement capable de connecter l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée.
Cet engagement repose sur un socle solide : le soutien de l’ex-Yougoslavie à la lutte de libération algérienne. Cette mémoire commune continue d’alimenter une coopération fondée sur la confiance mutuelle et constitue une assise rare dans le paysage diplomatique contemporain.
Belgique : l’énergie au cœur d’une relance stratégique
Le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf s’est rendu à Bruxelles pour consolider un partenariat énergétique fondamental. Deux accords majeurs ont été signés, concernant la mobilité humaine et la gestion concertée des flux migratoires, un volet souvent passé sous silence mais stratégique pour les deux nations. Un sujet sur lequel la Belgique pourrait être un exemple pour son voisin français.
Le cœur de cette relation demeure le secteur énergétique. Depuis quatre décennies, Sonatrach et Fluxys collaborent étroitement autour du terminal de gaz naturel liquéfié de Zeebrugge, un hub d’importance capitale pour l’approvisionnement énergétique européen. Cette coopération établit l’Algérie comme fournisseur fiable et durable pour un continent en quête de diversification de ses sources d’énergie.
Bruxelles a d’ailleurs exprimé sa volonté de porter cette relation à un niveau supérieur. Ce renouvellement intervient après plusieurs années de stagnation relative, symbolisant un retour du focus sur les partenaires méditerranéens face aux tensions géopolitiques actuelles.
L’Algérie, puissance énergétique et hub économique émergent
Ces deux initiatives diplomatiques s’inscrivent dans une stratégie globale portée par Alger : devenir un acteur incontournable des rééquilibrages géopolitiques et énergétiques actuels. Avec ses réserves gazières substantielles, ses diversifications et ses réformes structurelles en cours et sa stabilité relative, l’Algérie attire un intérêt croissant des investisseurs institutionnels.
La multiplication des accords avec des puissances européennes confirme une lecture algérienne de l’ordre mondial : diversifier les dépendances, consolider les débouchés économiques et imposer Alger comme interlocuteur inévitable en matière de stabilité régionale. Si cette dynamique se maintient, elle devrait alimenter la croissance, créer des emplois et renforcer le positionnement international du pays.




