Algérie : le Ramadan aux goûts culinaires spéciaux

La table algérienne, notamment dans les grands centres urbains, se garnit davantage durant le mois sacré du Ramadan, et les jeûneurs y trouvent beaucoup de plaisir à se réunir pour rompre le jeûne.

Au mois sacré du Ramadan, les Algériens optent pour de nouvelles habitudes. Les goûts culinaires changent aussi à cette occasion.

Les pratiques culinaires en Algérie ont leur singularité, notamment dans le centre du pays où la « chorba » constitue un élément incontournable des tablées lors de la rupture du jeûne. Cette soupe aux vertus nutritionnelles indéniables est une spécialité purement algérienne qui n’a rien à voir avec les soupes traditionnelles. La consistance et la saveur qu’elle procure proviennent de sa viande d’agneau à base de laquelle elle est préparée.

Le « Frik », également très prisé dans les régions du Moyen-Orient et en Egypte , est aussi consommé dans l’Algérois en entrée au moment de l’appel à la prière du Maghreb (Adhan) qui marque la fin de la journée du Ramadan.

Les plats incontournables

Durant le mois du Ramadan, les appétits s’aiguisent chez les Algériens, qui dépensent sans compter pour venir à bout d’une faim qui les accable durant toutes ces journées d’été, caractérisées par des chaleurs torrides et suffocantes. Dans la nomenclature culinaire algérienne durant ce mois du jeûne, il y a aussi des plats qui sont presque incontournables.

Les « Boureks » (une sorte de galette typiquement kabyle) qui sont des petits croustillants à la farce, au thon, à la viande hachée, aux légumes, au poisson ou au fromage. Ils sont également très affectionnés après la chorba du ftour (la rupture du jeûne). Dans certaines localités du centre du pays comme la Kabylie, Aghroum et Tamtout, il reste toujours des aliments nutritionnels inégalables. Hormis le couscous, aucun repas ne peut être dégusté sans cet aliment calorique. « Depuis la nuit des temps, Aghroum et Tamtout ont toujours constitué des éléments de base dans la gastronomie kabyle. Leur consistance procure non seulement aux jeûneurs un régal sans pareil , mais aussi de la vigueur de façon à supporter la faim pendant les longues journées du Ramadan, caractérisées par d’intenses chaleurs surtout durant ce mois sacré », nous fait remarquer N’na Aldja, une sexagénaire qui réside dans la région de Kabylie.

Les recettes maison d’une mère de famille

Le « tajine Zeitoun » est aussi servi comme deuxième plat après la chorba. Ce met est aussi apprécié pour sa consistance et les différents ingrédients qui le composent. N’na Aldja, qui excelle dans l’art de mijoter ce plat savoureux, met les oignons et l’ail dans un peu d’huile et y ajoute les carottes, les épices, le sel, ainsi que le poivre. Le persil y est aussi ajouté tout comme les boulettes qu’elle laisse cuire pendant quelques minutes. Elle met ensuite des olives dans une petite casserole avec quelques rondelles de citron. Une fois préparé, le plat est servi au grand bonheur des membres de la famille qui s’y approchent pour se régaler. « La vieille excelle dans la préparation du tajine Zeitoun. C’est tellement copieux que je me vois parfois obligé de lécher l’assiette (rire) », nous raconte Said, le fils de cette femme au savoir culinaire remarquable.

La préparation de « L’ham lahlou » (viande sucrée) est également une tâche qui échoit à cette femme, aux doigts de fée, qui garnit la table à chaque moment du ftour. Ses gestes adroits et mesurés font d’elle une vraie artiste de la cuisine. En trempant les pruneaux, les abricots séchés et les raisins secs dans de l’eau chaude pour se gonfler, N’na Aldja s’évertue à couper la viande en morceaux qu’elle met dans une cocotte. La cannelle et le beurre s’y ajoutent pour en faire un copieux plat que partagent les membres de la famille dans une atmosphère de joie. La « zalabia » (beignet égyptien) est aussi servie comme le « kalb ellouz » (une sorte de gâteau aux amendes) qui garnit chaque soir la table de notre « chère » interlocutrice qui nous fait déguster ses délices.

Le couscous : un plat qui se partage

Les tables algériennes se garnissent, ainsi, jusqu’à l’ultime jour du Ramadan que marquera Lailat el Kadri (au 27ème jour) par ses mets aux goûts délectables et suaves. Cette nuit particulière, marquant la fin du jeûne est considérée comme bénie chez les musulmans qui croient que c’est au cours de cette nuit, que le Saint Coran aurait été révélé au prophète Mohamed (que le salut soit sur lui) par l’ange Gabriel. Le couscous est très prisé par tous les kabyles durant cette sacrée occasion et est distribué aux voisins. Les femmes veillent pour en préparer afin de nourrir les personnes démunies.

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