Algérie : Khaled Drareni, l’échec d’Abdelmadjid Tebboune

Le journaliste Khaled Drareni, jeté en prison par un pouvoir répressif

En jetant en prison un journaliste, notamment Khaled Drareni, directeur de la rédaction de Casbah Tribune, par ailleurs correspondant de TV5 Monde et de Reporters sans frontières (RSF), le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, vient d’étaler ses limites quant à sa propension à mener son pays vers des lendemains meilleurs, comme il l’avait promis.

Poursuivi pour « atteinte à l’intégrité du territoire national et incitation à attroupement non armé », le journaliste Khaled Drareni a été condamné, le 10 août 2020, à une peine de trois ans de prison ferme. Une condamnation en flagrante violation de la Constitution de ce pays d’Afrique du Nord et contraire à l’attente des Algériennes et des Algériens.

La condamnation de Khaled Drareni ne peut être considérée que comme une persécution judiciaire contre un journaliste qui, comme n’a cessé de le rappeler AFRIK.COM, n’a que fait que son travail de collecte et de traitement de l’information. A travers cette condamnation, qui n’est autre qu’un message d’intimidation lancé par les autorités algériennes à l’endroit de la presse, l’on ne peut qu’entrevoir la triste réalité d’une justice aux ordres de l’Exécutif algérien.

Pourtant, en décembre dernier, le chef de l’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune, qui venait d’être élu à la magistrature suprême, avait fait la promesse de tendre la main au Hirak, pour se diriger vers une « Algérie nouvelle ». Entretemps, beaucoup de choses se sont passées, dont la plus inquiétante a été la mort du général Ahmed Gaïd Salah, artisan de la Transition. Décès survenu après qu’il ait intronisé Tebboune.

Un arrêt cardiaque dont a été victime le puissant Ahmed Gaïd Salah qui, pour sûr, n’allait pas regarder, inactif, Abdelmadjid Tebboune mener le bateau Algérie en eaux troubles, comme il est en train de le faire à l’heure actuelle. Chose encore plus inquiétante, les proches de Gaïd Salah sont traqués jusque dans leurs derniers retranchements. En atteste l’arrestation en Turquie suivi du rapatriement vers l’Algérie l’adjudant-chef Gharmit Benouira, ancien secrétaire particulier du défunt chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah.

Il n’en fallait pas plus pour voir la justice algérienne, qui a lancé une traque contre les proches du général, ajoute la presse sur la liste de ses ennemis à désarmer (de leurs plumes) et à… abattre grâce à un système judiciaire aux ordres.

Si une Algérie nouvelle équivaut à poser des actes comme jeter en prison un journaliste sur la base d’accusations fallacieuses et infondées, les Algériennes et les Algériens n’en veulent pas de cette « nouvelle Algérie ». Et en condamnant Khaled Drareni à une peine de prison, c’est là un échec cuisant du tout nouveau Président Abdelmadjid Tebboune.

A lire : Sale temps pour la presse algérienne !