Algérie–États-Unis : Alger s’impose en pivot sécuritaire sans renoncer au non-alignement


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Portrait du chef d’état-major algérien Saïd Chanegriha, symbole du rôle croissant d’Alger dans les équilibres sécuritaires en Méditerranée et au Sahel.
Le général d’armée Saïd Chanegriha incarne la doctrine militaire algérienne, entre coopération sécuritaire renforcée et préservation du non-alignement.

Les relations militaires entre l’Algérie et les États-Unis connaissent une nouvelle accélération. Mais le rapprochement engagé entre Alger et Washington ne signifie pas alignement et il confirme plutôt la place prise par l’Algérie comme partenaire sécuritaire recherché, tout en restant attachée à sa doctrine de souveraineté et de non-alignement.

La coopération militaire entre Alger et Washington a franchi une nouvelle étape avec la visite officielle de l’amiral américain George Wikoff, le 9 juin, dans la capitale algérienne. Cette rencontre a porté sur les relations bilatérales dans le domaine de la défense. Au cours de cette visite, l’amiral Wikoff, commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique, a échangé avec le général Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’armée algérienne.

Une intensification des échanges militaires

Les discussions ont porté sur l’état de la coopération militaire ainsi que sur plusieurs dossiers stratégiques d’intérêt commun, notamment liés à la sécurité régionale. Cette visite s’inscrit dans une série de déplacements de responsables américains en Algérie. Après la venue du chef de l’Africom – le général Dagvin Anderson a effectué une visite officielle en Algérie les 27 et 28 avril 2026 – cette nouvelle rencontre confirme une intensification des contacts entre les deux pays. Les échanges réguliers traduisent une volonté partagée de renforcer la coordination militaire.

Selon les autorités, les discussions ont permis d’examiner les perspectives de coopération et d’aborder les enjeux sécuritaires actuels. L’amiral Wikoff a exprimé son intention de consolider les relations entre les forces armées des deux pays, en soulignant le rôle de l’Algérie dans la sécurité de la zone ouest-méditerranéenne. Le rapprochement entre Alger et Washington repose notamment sur un mémorandum d’entente signé le 22 janvier 2025.

Pour Alger, l’enjeu est moins de rejoindre un bloc que de multiplier les canaux de coopération utiles à sa sécurité, sans remettre en cause son autonomie stratégique ni ses équilibres diplomatiques traditionnels.

Une coopération encadrée par un accord stratégique

Cet accord structure les axes de coopération dans le domaine de la défense et marque une étape importante dans les relations militaires entre les deux États. Depuis sa signature, les échanges se sont renforcés à travers des consultations régulières. Les autorités algériennes ont précisé que cette coopération s’inscrit dans un partenariat fondé sur des intérêts communs et le respect mutuel, tout en préservant la souveraineté nationale.

Cette dynamique bilatérale intervient dans un environnement international caractérisé par une hausse des budgets de défense. En 2025, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025, selon le SIPRI, selon les données du SIPRI. L’Afrique du Nord figure parmi les régions les plus actives dans ce domaine. Au sein de cette région, l’Algérie et le Maroc concentrent l’essentiel des investissements militaires.

Alger opte pour la dissuasion et la stabilité régionale

Cette évolution est liée à une période sécuritaire instable au Sahel, avec des tensions régionales et l’évolution des alliances internationales. L’Algérie dispose d’un budget de défense estimé à plus de 25 milliards de dollars en 2025. Cette capacité financière lui permet de renforcer ses équipements, de moderniser ses forces et de consolider une doctrine axée sur la dissuasion et la stabilité régionale.

Les échanges entre l’Algérie et les États-Unis s’inscrivent dans une volonté de répondre aux menaces transnationales et de renforcer la stabilité régionale. La position géographique de l’Algérie et ses capacités militaires en font un acteur important dans la gestion des enjeux sécuritaires en Méditerranée et au Sahel.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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