Algérie : Bouteflika, président lisible mais invisible

Des internautes algériens s’interrogent sur la véritable identité de l’auteur des messages qui émanent du Palais d’El Mouradia, à Alger.

Depuis sa prestation de serment, le 28 avril, Abdelaziz Bouteflika, réélu pour la quatrième fois le 17 avril pour un mandat de cinq ans, multiplie les messages à l’intention des Algériens. Toutefois, faute de pouvoir prononcer de longs discours, le dirigeant algérien les envoie par écrit.

Le 1er mai, ce dernier a adressé un message aux travailleurs, suivi, le lendemain, d’un autre à destination de la presse. Mercredi, c’est à travers un communiqué, incorporé dans celui qui a sanctionné la réunion du Conseil des ministres, que Bouteflika s’est adressé à l’armée et à la nation. Et alors que le peuple attendait de lui qu’il prononce un message à la télévision à l’occasion du 69e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, c’est son conseiller Mohamed Ali Boughazi qui a pris la parole.

Les Algériens s’interrogent

Ces nombreux messages écrits ou lus en son nom, ne feraient qu’augmenter, selon El Watan, le doute au sein de la population. A savoir si Bouteflika est réellement l’auteur de ces communiqués. L’image d’un homme faible et incapable de prononcer un long discours le jour de la prestation de serment, « ne laisse pas beaucoup de doutes quant à ses capacités physiques y compris parmi ses fidèles
partisans », écrit le journal.

Sur la toile, de nombreux internautes sont persuadés d’une chose : que Saïd Bouteflika, le frère du président, est à l’origine
de ces messages. « Devons nous vraiment croire ça ? Les instructions d’un chef d’état qui ne pouvait même pas prononcer 90 mots lors de
son investiture doivent être une lettre écrite par son conseiller spécial, le futur roi d ‘Algérie Mr Said (frère du président ndlr) », lit-on dans le commentaire d’un lecteur d’ElWatan.com sur un article traitant des instruction des chefs de l’Etat au gouvernement.

L’opposition n’est guère plus tendre avec le président. Entre autres, Athmane Mazouz, chargé de communication du RCD, a déclaré, selon TSA : « Nous sommes incontestablement devant un véritable délire politique. Les Algériens sont habitués à des annonces sans lendemain. Bouteflika qui a échoué lamentablement sur tous les plans ne peut plus leurrer les Algériens. Qui pourra croire à ses promesses sous une gouvernance par procuration alors qu’il a failli durant quinze ans de règne ? »