Alger la Rouge

Le mois de mars a été sanglant en Algérie. Plus de 400 morts. La violence semble s’être concentrée, cette semaine, sur la région algéroise. Les groupes armés ont opté pour une nouvelle méthode : massacre de familles entières.

Le dernier massacre d’une famille entière, composée de cinq personnes, près de Berroughia, à l’est d’Alger porte à plus de cinquante le nombre de victimes des groupes armés pour la semaine dernière.

 » Les cinq membres de la famille Noua ont été assassinés dans des conditions atroces, durant la nuit de vendredi à samedi. Personne n’a pu nous rapporter les circonstances de ce massacre « , rapporte Salima Tlemçani, journaliste au quotidien El-Watan. Chassés des centres urbains, les groupes islamiques armés (GIA) se montrent très virulents dans les périphéries. Multipliant les massacres, les GIA ont choisi une nouvelle méthode macabre : massacre de familles entières. Ils ne laissent derrière eux aucun témoin. Juste des signatures macabres.  » Les premiers corps découverts sont ceux de Abdelkader, le père, et des trois enfants Safia, Nacéra et Yahia, âgés respectivement de 6, 7 et 8 ans. En position allongée sur le dos, ils ont tous eu la gorge tranchée « , rapporte Salima Tlemçani, horrifiée.

Le printemps de tous les dangers

Le mois de mars a été sanglant.  » Même la canicule qui sévit actuellement en Algérie n’arrive pas à assécher le sang des civils « , écrit un éditorialiste. La population très pauvre est devenue la cible des groupes armés. La plupart des victimes vivaient dans de misérables hameaux et dans des bidonvilles construits à la hâte. De nombreuses familles fuyant les massacres se sont installées dans des baraquements construits avec des planches et des tôles ondulées, en lisière des villes. Mais les autorités algériennes, craignant la multiplication des bidonvilles, délogent ces familles en rasant avec des bulldozers les baraquements.  » Nous n’avons plus où aller. Dieu et Bouteflika nous ont abandonnés « , témoigne en larmes une grand-mère qui a perdu une partie de sa famille dans ces derniers massacres.

Sur le plan politique, les partisans et les adversaires de  » la réconciliation nationale « , processus qui vise à réintégrer les repentis islamistes, s’entredéchirent de plus belle. Le président algérien fait l’équilibriste entre  » les éradicateurs  » et  » les réconciliateurs « , sans grand résultat pour le moment.