Al Jazeera English : la chaîne veut « changer la perception de l’Afrique »

Al Jazeera English, lancée mercredi depuis Doha, veut faire entendre la voix du Sud dans le monde fermé des chaînes internationales. Elle affirme disposer d’une couverture « sans égale » en Afrique et souhaite changer la perception du continent auprès des téléspectateurs.

Al Jazeera English (AJE), lancée mercredi depuis Doha, s’est fixée pour but d’inverser le flux d’informations du sud vers le nord et de rompre avec la vision « occidentale » dominante dans les médias internationaux, tels CNN ou BBC. Mercredi soir, la chaîne qatarie a ouvert ses bulletins du soir avec l’interview exclusive du président Laurent Désiré Kabila. La Commission électorale nationale de République démocratique du Congo venait d’annoncer les résultats des présidentielles, qui donnaient le président sortant vainqueur devant Jean-Pierre Bemba. Un joli cadeau pour la petite sœur d’Al Jazeera, qui prétend bénéficier d’une couverture du continent africain « sans égale » parmi les chaînes internationales.

La seule chaîne agréée au Zimbabwe

AJE a ouvert cinq bureaux sur le continent, au Caire (Egypte), à Abidjan (Côte d’Ivoire) et à Nairobi (Kenya), où elle dispose aussi de correspondants, ainsi qu’à Johannesburg (Afrique du Sud) et Harare (Zimbabwe). Elle partage par ailleurs les ressources des bureaux d’Al Jazeera, situés à N’djamena (Tchad), Tripoli (Libye), Nouakchott (Mauritanie), Rabat (Maroc), Dakar (Sénégal), Mogadiscio (Somalie) et Khartoum (Soudan). La chaîne internationale est la seule que les autorités zimbabwéennes ont autorisé à ouvrir un bureau dans le pays. Cela lui donnera un « accès unique à cette partie d’Afrique australe », s’enorgueillit sa direction dans un communiqué.

Elle sait néanmoins qu’elle marche sur des oeufs. Plébiscitée par le public au Maghreb et au Moyen-Orient, Al Jazeera a déjà vu ses bureaux fermés ou ses journalistes empêchés de travailler dans plusieurs pays (Irak, Algérie, Jordanie, Palestine, Koweït ou encore Arabie saoudite), de façon plus ou moins temporaire, pour son traitement de l’information nationale. Le mois dernier, les autorités tunisiennes qui n’ont jamais accepté l’installation de bureaux de la chaîne qatarie, mais tolèrent ses journalistes, ont rappelé leur ambassadeur à Doha.

« Changer la perception de l’Afrique »

Selon les termes d’Andrew Simmons, directeur du Bureau Afrique, AJE voudrait « changer la perception » des non Africains sur le continent, dont « de larges parties ne sont pas couvertes par les chaînes d’informations ». « Bien que nous n’allons pas ignorer la tragédie et l’injustice des conflits, nous allons également porter au public une myriade de parcours de réussite, promet-il. Nous souhaitons nous concentrer sur les hommes, pas nécessairement sur les initiatives politiques de ceux qui sont au pouvoir ».

Au total, 300 journalistes travaillent à AJE au sein de 20 bureaux disséminés dans le monde, en plus des 60 d’Al Jazira. Elle sera pratiquement privée du marché américain, où aucun des plus importants distributeurs câble et satellite n’a accepté de la diffuser. Elle sera néanmoins facilement disponible via internet.

Vérifiez si vous avez accès à Al Jazeera English sur le site de la chaîne