Air Mali a du plomb dans l’aile

Air Mali, la compagnie aérienne malienne, traverse actuellement une zone de turbulence. Ce qui se traduit par une forte chute de son chiffre d’affaire. Pour faire face à cette situation, née de la crise politico-militaire qui secoue le pays depuis mars 2012, l’entreprise s’est dotée d’un plan de sauvetage qui se traduit, entre autres, par la réduction de sa flotte, la suppression de certaines destinations et un plan social.

(De notre correspondant)

Air Mali a du plomb dans l’aile. La compagnie aérienne perd de l’altitude depuis le 22 mars 2012, date du renversement du régime d’Amadou Toumani Touré. La compagnie subit une forte érosion de son chiffre d’affaire. Ainsi les pertes de la compagnie sont estimées à 540 millions de francs CFA. Ce qui représente près de la moitié de son chiffre d’affaires. Pour tenter de sauver Air Mali, son directeur général Abdérrahmane Berthé a mis en place un plan de sauvetage. Il se traduit par le licenciement de nombreux agents. Ainsi, l’effectif qui était de 222 agents, a été réduit à 199. En outre, les contrats à durée déterminés qui arrivent à terme ne seront pas renouvelés. La compagnie a aussi décidé de mettre fin à certains contrats de prestation.

Relancer la compagnie

L’autre stratégie adoptée par la compagnie aérienne pour se relancer est la modification dans le programme de ses vols. Ainsi Air Mali ne dessert plus que trois destinations depuis son hub de Bamako : Abidjan, Accra, Conakry. Les vols pour Dakar (Sénégal), Cotonou (Bénin) ou encore Libreville (Gabon) sont dorénavant assurés par sa partenaire du groupe Célestair, Air Burkina. Selon M. Berthé, le plan de sauvetage prévoit aussi la réduction de la flotte qui ne comprend plus les deux McDonnell Douglas MD-87.

Crée en 2005, Air Mali une filiale du groupe Célestair, propriété du fond Aga Khan, n’est pas la seule entreprise qui souffre des conséquences de la situation actuelle du pays. Les secteurs des transports à l’image de l’hôtellerie et du tourisme, qui sont intimement liés, connaissent une baisse totale de la demande. En témoigne la fermeture le mois dernier du Grand hôtel et de Nord-Sud, tous deux appartenant au groupe hôtelier Azalai.

Du côté d’Air Mali, on espère que ce plan de sauvetage va relancer la compagnie. Une relance qui passe aussi par un accord de partage de codes qu’elle a été signé avec Air France. Un accord qui permet à la compagnie française de mettre à la disposition de sa partenaire malienne des sièges sur des vols exploités quotidiennement par la compagnie française sur son hub de paris-Charles de Gaulle et Bamako.

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