Afrique du Sud : le mariage de Vega Gupta vire à l’incident diplomatique

Finalement, le mariage en Afrique du Sud de Vega Gupta, issue d’une riche famille indienne, s’est bel et bien terminé en incident diplomatique après qu’un Airbus privé eut atterri sur une base militaire de l’armée de l’air. L’avion transportait près de 200 invités de la jeune mariée. Des têtes de l’administration sud-africaine ont sauté.

Décidément, l’Afrique du Sud fait beaucoup parler d’elle ces derniers jours en matière de « mariage décalé ». Après le mariage entre une femme de 61 ans et un enfant de 8 ans et le premier mariage homosexuel traditionnel Zoulou, un Airbus privé s’est posé sur… le tarmac d’une base militaire de l’armée de l’air sud-africaine pour débarquer les quelque 200 invités au mariage de Vega Gupta, 23 ans, membre d’une célèbre et richissime famille indienne.

La famille Gupta est proche du dirigeant sud-africain, Jacob Zuma. Elle est d’ailleurs à la tête du journal New Age, la voix de l’ANC, le parti au pouvoir. Deux des nombreux fils (vingt-et-un enfants) du président Zuma ont même travaillé comme directeurs dans les entreprises de la famille Gupta.

L’administration dans tous ses états

Depuis mercredi donc, l’affaire fait scandale au pays arc-en-ciel, au point que l’union nuptiale a viré à l’incident diplomatique. Des têtes dans l’administration sud-africaine sont tombées. A commencer par celle du chef du protocole du ministère des Affaires étrangères qui a été suspendu de ses fonctions. Mais pas seulement, quatre autres membres de l’administration et du personnel de l’armée font l’objet de la même procédure. C’est ce qu’ont annoncé six ministres sud-africains lors d’une conférence de presse commune vendredi 3 mai.

Les autorités mènent l’enquête pour retrouver le ou les responsables qui ont donné l’autorisation au pilote de l’Airbus d’atterrir en toute tranquillité sur une base militaire. Des doutes planent notamment sur l’ambassadeur Indien à Pretoria, soupçonné d’avoir demandé cette autorisation puis d’avoir fait suivre la réponse mais de manière déformée.

Même si les 200 passagers, non mécontents de cette arrivée pour le moins insolite, sont repartis ce vendredi vers l’Inde, l’affaire n’est pas près d’être close. Mais qui a donné l’autorisation ? Réponse dans une semaine. Le ministère de la Justice doit rendre d’ici là un rapport d’enquête complet.